19 août 1488 : le traité du Verger et la fin de l'indépendance de la Bretagne
Le mot de Laurent Sailly pour le blog Grandes Chroniques de
France
Après la fin de la guerre de Cent
Ans, la monarchie française cherche à réaffirmer son autorité sur les grands
princes du royaume.
La Bretagne, duché puissant et
jaloux de son autonomie, devient un enjeu majeur dans ces tensions, notamment
durant la Guerre Folle (1485‑1488) qui oppose princes rebelles et
pouvoir royal.
La mort du duc Jean III en 1341
sans héritier ouvre une crise de succession entre : Jeanne de Penthièvre
(soutien français) d’une part, et Jean de Montfort (soutien anglais) d’autre
part.
Cette rivalité déclenche une
guerre de plus de vingt ans, mêlée à la Guerre de Cent Ans.
Le premier traité de Guérande
(1365) établit la transmission du duché dans la lignée Montfort, tout en
reconnaissant les droits des Penthièvre en cas d’absence d’héritier mâle.
Du XIVᵉ au XVᵉ
siècle, la succession bretonne reste fragile, marquée par des décès rapides,
des alliances matrimoniales et des tensions entre lignages.
À la fin du XVᵉ siècle, François II, dernier
duc indépendant, se retrouve isolé. L’Angleterre est affaiblie par la
guerre des Deux‑Roses. La Bourgogne disparaît avec la mort de Charles le
Téméraire. La noblesse bretonne se rapproche du roi de France.
La régente Anne de Beaujeu,
gouvernant pour le jeune Charles VIII, veut briser les résistances féodales et
neutraliser François II, impliqué dans plusieurs complots contre la couronne.
Signé entre Charles VIII et
François II, le traité du Verger (19 août 1488) met fin à la
Guerre Folle et impose une clause capitale : « L’héritière du duché ne
peut se marier sans l’accord du roi de France ». Cette disposition
vise directement Anne de Bretagne, future duchesse, et prépare
l’intégration progressive du duché dans l’orbite française.
À la mort du duc, plusieurs
prétendants se disputent la succession, mais Anne est reconnue duchesse par les
États de Bretagne. La guerre reprend (1489‑1491) : interventions anglaises,
autrichiennes, espagnoles ; rivalités internes entre grands seigneurs
bretons.
Finalement, Charles VIII entre à
Nantes en 1491, considérant la Bretagne conquise.
Anne épouse successivement : Charles
VIII (1491) – contrat très contraignant pour la duchesse, qui perd
l’administration du duché – et Louis XII (1499) – situation plus
équilibrée, mais la Bretagne reste sous influence française. Leur fille Claude
de France hérite du duché, puis épouse François d’Angoulême, futur François
Ier.
Les États de Bretagne demandent officiellement l’union perpétuelle du duché au royaume . François Ier accepte, scellant l’intégration de la Bretagne le 7 août 1532.
