4 septembre 1797 : Coup d'État du 18 fructidor an V

Le mot de Laurent Sailly pour le blog Grandes Chroniques de France

Le coup d’État du 18 fructidor an V marque un tournant autoritaire du Directoire. Face à un complot royaliste perçu comme imminent, les autorités mobilisent 18 000 soldats et proscrivent massivement : deux directeurs, 53 députés, des généraux et de nombreux suspects sont déportés en Guyane, où la « guillotine sèche » frappe durement. Les élections du printemps 1797 sont annulées dans la moitié des départements, entraînant la destitution de 122 députés et de nombreux administrateurs. La loi du 19 fructidor impose un serment de haine à la royauté, réactive les lois anticléricales de 1792‑1793 et renforce la répression contre prêtres réfractaires et émigrés. Les commissions militaires, rétablies pour juger les émigrés, deviennent l’instrument d’une nouvelle terreur directoriale, parfois arbitraire et brutale. Fructidor rompt ainsi avec l’esprit légaliste de Thermidor et révèle les tensions entre libéralisme constitutionnel et réflexes révolutionnaires.