15 octobre 1917 : Mata Hari est fusillée à Vincennes ou la vérité nue sur l’agent H-21


Le mot de Laurent Sailly

Il est encore tôt ce matin d’octobre 1917 à la prison de Saint-Lazare. Une femme sort de sa cellule. Grande (1,75 m), coiffée d'un grand canotier et vêtue d'une robe élégante garnie de fourrures, avec un manteau jeté sur les épaules, elle a rendez-vous avec la mort.

Le 15 octobre 1917, Mata Hari, de son vrai nom Margaretha Zelle, est exécutée à Vincennes pour espionnage au profit de l’Allemagne. Née en 1876 aux Pays-Bas, elle devient célèbre à Paris dès 1905 grâce à ses danses exotiques, inspirées de souvenirs des Indes néerlandaises. Égérie de la Belle Époque, elle mène une vie mondaine, entretenue par ses amants, mais finit ruinée.

En 1915, elle est approchée par le consul allemand Carl Cramer, puis par le contre-espionnage français, qui lui propose une mission en Belgique. Elle accepte, espérant aider son amant russe blessé. Interceptée en Angleterre, soupçonnée d’être double agent, elle est identifiée comme l’agent H-21. Arrêtée en février 1917, son procès est expéditif : trois jours suffisent pour la condamner à mort.

Son exécution, à l’aube, est marquée par son refus du bandeau et des liens. Elle meurt dignement, lançant un dernier sourire. Historiens et magistrats reconnaissent plus tard l’absence de preuves solides. Son procès aurait surtout servi la propagande française, en pleine crise militaire et morale. Mata Hari devient ainsi un symbole tragique de manipulation politique et de sacrifice d’une femme libre.

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