Pourquoi la chasse aux vieux mâles blancs hétéros ? - Par Pierre-André Taguieff



Soubassements politiques et culturels de l’affaire Depardieu

Croire fermement que la « blanchité » est le principe du Mal, c’est là adhérer à la croyance raciste postulant que « les Blancs » sont l’incarnation du diable. Le diable, c’est-à-dire, en termes actualisés, la source de toutes les discriminations, oppressions et violences[1]. Car c’est au nom de l’antiracisme que « les Blancs » sont diabolisés, ou, plus précisément, « racisés » à leur tour.


L’idéologue étatsunienne Robin DiAngelo, dans son best-seller intitulé White Fragility publié en 2018 et présenté comme un manuel antiraciste, a clairement résumé cette vision négative des « Blancs » : « L’identité blanche est intrinsèquement raciste ; les Blancs n’existent pas en dehors du système de la suprématie blanche[2]. » Cette « chercheuse en études sur la blanchité » (« Scholar of Whiteness Studies ») après avoir été une spécialiste de la « formation à la diversité », se montre aussi dogmatique que péremptoire : « Seul le groupe dominant peut être raciste, sexiste, classiste. Seuls les Blancs peuvent être racistes[3]. » Tel est en effet le dogme fondamental du néo-antiracisme : « Les Blancs seuls sont racistes. » Le sous-entendu est parfois explicité par des néo-antiracistes les plus fanatiques affirmant que « les Blancs sont (…) malades d’une maladie qui s’appelle le racisme (…) et qui les affecte tous, sur des modes différents, même (…) lorsqu’ils ne sont pas des racistes[4] ». Le dogme central doit donc être ainsi reformulé : « Tous les Blancs, et eux seuls, sont racistes. » Cette forme sophistiquée du « racisme anti-Blancs » consiste à essentialiser « les Blancs » comme racistes, et ce, en prenant la posture de l’antiraciste, marquée par l’indignation. C’est là l’antiracisme raciste diffusé par les milieux dits wokistes aux États-Unis, désormais en voie d’acclimatation rapide dans les sociétés démocratiques européennes.

Et pourtant, l’existence du « racisme anti-Blancs » ne cesse d’être niée par des « académo-militants[5] » prétendant s’exprimer au nom des « sciences sociales », suivis aveuglément en cela par la plupart des militants d’extrême gauche. Mais la négation du « racisme anti-Blancs » n’est que l’une des négations idéologisées qu’on rencontre dans le discours néo-gauchiste contemporain, les deux autres portant respectivement sur l’islamo-gauchisme[6] et le wokisme[7]...