Au bord du gouffre. Peut-on éviter une guerre totale entre Israël et le Hezbollah ? - Par Daniel DePetris
Alors qu’Israël et le Hezbollah se livrent depuis des mois à des frappes réciproques de part et d’autre de la frontière libanaise, les dangers d’un conflit généralisé sont évidents. Mais les deux parties ont des raisons de s’abstenir de toute nouvelle escalade.
Article original de Daniel DePetris paru sur RUSI. Traduction de Conflits.
L’offensive israélienne à Gaza, qui en est à son quatrième mois, reste dans une phase d’opérations intenses. Alors que les États-Unis estiment qu’environ 30 % des forces de combat du Hamas ont été tuées, le gouvernement israélien n’a guère de raisons de se vanter d’avoir atteint ses deux principaux objectifs : éradiquer le Hamas et libérer les quelques 130 otages sous le contrôle du groupe. Obligé de jongler entre des ministres d’extrême droite qui qualifient tout compromis avec le Hamas de défaitisme et les familles des otages, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou voit dans cette guerre un albatros autour de son cou.
Pourtant, aussi difficile que soit l’environnement opérationnel de Gaza, le conflit qui couve à 130 miles au nord pourrait être encore pire. Les Forces de défense israéliennes (FDI) et le Hezbollah ont passé les quatre derniers mois engagés dans une guerre non déclarée de bas niveau, caractérisée par des tiraillements incessants qui ont fait des victimes dans les deux camps. La région frontalière entre Israël et le Liban, régie depuis 17 ans par un accord informel qui a dissuadé Israël et le Hezbollah de rejouer leur conflit à grande échelle en 2006, est désormais de plus en plus fragile. La question en suspens est de savoir si la guerre des mots entre les hauts responsables d’Israël et du Hezbollah se transformera, avec le temps, en une guerre des tirs qui pourrait contraindre les troupes israéliennes à pénétrer sur le territoire libanais, ce qui constituerait la quatrième incursion terrestre majeure d’Israël au Liban en 46 ans.