L’Occident : Prochaine étape dans l’exportation du djihad par la République islamique d’Iran - Par Emmanuel Razavi

Et le régime des mollahs ne laisse rien au hasard. La stratégie dite « West is Next » a été élaborée dès la fin des années 80 et elle comporte aussi bien des volets terroristes que des opérations d’entrisme et d’influence.


La République islamique d’Iran fait de l’ingérence en France, jusque dans les milieux universitaires. C’est ce que dénonce depuis plusieurs jours Gilles Platret, maire de Chalon-Sur-Saône et conseiller régional de Bourgogne.

C’est ce que documente aussi Emmanuel Razavi, grand reporter franco-iranien, spécialiste du Moyen-Orient. Il couvre, notamment pour Paris Match, l’actualité iranienne. Ses enquêtes et grands reportages sur les Gardiens de la révolution l’ont conduit dans le Golfe persique, dans le détroit d’Ormuz, à la frontière irako-iranienne, en Israël, au Liban ou encore en Allemagne.

Aux côtés du grand photographe iranien multi-primé Alfred Yaghobzadeh, il a croisé la route des pasdarans à plusieurs reprises, ou encore survolé leurs navires de guerre à bord d’un hélicoptère « de surveillance », avec un autre grand photographe de Paris Match, Bernard Sidler. Il a raconté son périple iranien dans un livre digne d’une série Netflix, « La face cachée des Mollahs » (Cerf).

Appuyant l’édile chalonnais, il nous révèle comment la Force Al Qods, en charge des opérations extérieures du Corps des Gardiens de la révolution, a organisé son réseau d’influence en Europe, et notamment en France.



Atlantico : La République islamique d’Iran a-t-elle une vraie stratégie visant à s'en prendre aux pays occidentaux, à travers le « West is next » ? Quelle est cette doctrine de l’Iran pour notamment propager l'islam dans le monde entier ? Le préambule de la Constitution iranienne indique-t-il que la République islamique d’Iran souhaite imposer la charia et le djihad global ?

Emmanuel Razavi :
Si vous le permettez, pour être le plus clair possible, je répondrai d’abord par une citation de l’Ayatollah Khomeini, fondateur de la République islamique d’Iran, qui disait ceci : « Le Jihad signifie la conquête de tous les territoires non musulmans. Une telle guerre pourrait bien être déclarée après la formation d’un gouvernement islamique digne de ce nom, sous la direction de l’Imam ou sous ses ordres. Il sera alors du devoir de tout homme adulte valide d’être volontaire pour cette guerre de conquête dont le but est de mettre la loi coranique en vigueur d’un bout à l’autre de la terre. » On parle là bien de conquête mondiale par le jihad. Quant à la forme plus institutionnelle de ce jihad, Khomeini a veillé à ce qu’elle figure dans le préambule de la constitution de la République islamique, ce qu’a encore rappelé récemment Maitre Dehghani Azar, avocat franco-iranien qui œuvre à la mise en place d’un tribunal pénal international pour juger les auteurs de crimes contre l’humanité en Iran.

Pour terminer sur ce sujet, je rappelle que les miliciens et les étudiants iraniens appartenant aux organisations islamistes et marxistes révolutionnaires iraniennes scandaient, au moment de la révolution islamique : « Aujourd’hui l’Iran, demain la Palestine ! », slogan repris lors de la visite de Yasser Arafat à Téhéran en février 1979. Aujourd’hui, les jihadistes iraniens du corps des gardiens de la révolution expliquent que l’occident est leur prochaine cible après Israël. J’ajoute que lors de l’écriture de mon livre-enquête « la face cachée des Mollahs », j’ai parlé avec le fondateur des Gardiens de la Révolution, mais surtout avec des jeunes pasdarans qui m’ont expliqué cela. Il n'y a qu’à lire le livre pour comprendre...