L’inaction du pouvoir est-elle obligatoire? - Par Philippe Bilger
Dette, Algérie, désindustrialisation, crise identitaire… Macron ne fait plus grand-chose, mais il n’est même pas tellement à blâmer. Présidents fainéants : nous sublimons depuis des décennies l'inaction politique en France. L’inaction du pouvoir est-elle obligatoire ? s'interroge Philippe Bilger.
Avec ce titre, je ne distingue pas le pouvoir de droite ou de gauche, je mets ensemble François Hollande et Emmanuel Macron, et d’autres avant eux.
J’entends souvent dire sur le plateau de Pascal Praud sur CNews que le pouvoir se contenterait de parler et ne ferait rien. C’est l’impression qu’en effet ressentent beaucoup de citoyens. Ils déplorent que l’action ne suive pas les promesses et que les constats et rapports demeurent lettre morte. Je suis encore plus pessimiste qu’eux. Cela tient à ma certitude que rien n’est dû au hasard et qu’en réalité tout est d’une certaine manière organisé au niveau politique pour ne rien accomplir.
Comme si l’action politique faisait courir trop de risques : il est si facile d’expliquer son absence que la mettre véritablement en oeuvre relèverait d’une forme d’irresponsabilité !
Il y a plusieurs raisons tenant à une psychologie profonde et à une certaine conception de l’art de gouverner qui permettent en effet aux pouvoirs de théoriser leur impuissance en sagesse et de constituer les maîtres de cette inertie, comme Jacques Chirac par exemple, en modèle admiré et indépassable !
Il me semble que l’action elle-même, en ce qu’elle clive, oblige à sacrifier et a d’irréversible, fait peur car elle ne laisse plus place à l’équivoque, au charme du virtuel et à l’espérance d’un possible consensus. Elle choisit dans le réel et s’aliène forcément les adeptes de la part abandonnée.
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