«Soutenir les Iraniens contre les mollahs n’est pas de l’ingérence, mais préférer le camp des peuples à celui des tyrans» - Par Hirbod Dehghani-Azar
La guerre entre Israël et l’Iran ne devrait pas nous faire oublier le front intérieur de contestation du régime des mollahs, argumente l’avocat Hirbod Dehghani-Azar.
Hirbod Dehghani-Azar est avocat, récipiendaire du prix international de la laïcité et président de l’association Norouz, qui soutient les victimes de violations des droits de l’Homme en Iran.Le bruit assourdissant des bombes au Moyen-Orient cherche à étouffer une vérité essentielle. Alors que la République islamique d’Iran et Israël se livrent à une guerre ouverte, l’émotion et la peur sont des armes aveuglant les consciences. Notre association, Norouz, née en France de l’onde de choc du mouvement «Femme, Vie, Liberté», refuse ce silence. Composée de citoyens de tous horizons unis par l’universalisme des droits humains, notre mission est de déchirer ce voile de fumée. Nous sommes le porte-voix de celles et ceux qui sont les premières victimes de ce conflit : le peuple iranien lui-même, pris en otage par son propre régime.
Ne nous y trompons pas. Cette guerre n’est pas une démonstration de force, mais le symptôme d’une banqueroute totale. Depuis plus de quarante-six ans, la République islamique a mené l’Iran à l’abîme. Sur le plan économique, elle a pillé les richesses du pays pour ne laisser que misère, inflation et chômage, provoquant une hémorragie de ses talents et de ses capitaux. Sur le plan social, elle a érigé la haine des femmes et des minorités en système, fracturant la société. Sur le plan écologique, son incurie a engendré des désastres qui condamnent les générations futures. Cette guerre n’est donc pas une stratégie. C’est le dernier soubresaut d’un régime moribond qui, ayant perdu toute légitimité, ne survit que par la terreur qu’il sème à l’intérieur et à l’extérieur de ses frontières.