Marseille, porte de la drogue et de l’Afrique - Par Ana Pouvreau


Le mot de Méchant Réac ® - Par Laurent SAILLY

Dans un article passionnant (et inquiétant) Ana Pouvreau (revue Conflits) nous explique comment Marseille, autrefois centre d’exportation d’héroïne via la French Connection, est devenue une plaque tournante du trafic de drogues vers l’Europe. Son port stratégique attire cannabis du Maroc, cocaïne d’Amérique du Sud et héroïne des Balkans. Les méthodes d’acheminement se diversifient (conteneurs, routes, voies aériennes), rendant les contrôles difficiles. Cette intensification du trafic a engendré une cartellisation et une explosion de la violence : fusillades, zones hors contrôle, recrutement de mineurs sur les réseaux sociaux. Des groupes criminels structurés comme la DZ Mafia, en lien avec la ‘Ndrangheta et la Mocro Maffia, dominent le marché. Leur guerre contre le gang des Yoda a ensanglanté la ville, avec 49 morts en 2023. Une résurgence du gang des Blacks accentue les tensions. Marseille illustre une « mexicanisation » du trafic en France, où les autorités peinent à contenir une criminalité transnationale et ultra-violente.

Ana Pouvreau
Marseille, porte de la drogue et de l’Afrique

De point de départ de l’exportation de l’héroïne vers les États-Unis et le Canada sous la férule de la French Connection des années 1930 aux années 1980, la cité phocéenne s’est transformée en un point nodal de l’arrivée du cannabis en provenance d’Afrique du Nord et de la cocaïne d’Amérique du Sud, destinés à inonder le marché européen. Article paru dans le no58 – Drogues La France submergée

Le port de Marseille Fos, qui s’étend sur plus de 10 000 hectares, occupe une position stratégique dans la mondialisation du trafic de stupéfiants. Les profits générés par l’expansion inédite de cette activité criminelle ont provoqué une guerre acharnée entre des groupes rivaux, une réorganisation de la gestion des trafics et un changement dans les modes opératoires. Une cartellisation du trafic de drogue et une explosion de la violence tous azimuts en ont résulté, évoquant un phénomène de « mexicanisation » de Marseille, que les autorités françaises ont de plus en plus de mal à juguler.

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