J'ai lu et aimé : "Le nouvel ordre post-occidental" d'Alexandre Del Valle - Par Laurent Sailly
Le mot de Méchant Réac par Laurent Sailly
L’Europe et les Etats-Unis, qui ont longtemps réussi à imposer leurs valeurs au reste du monde, dont aujourd’hui face à un rejet croissant dans les pays du « Sud global ». Alexandre Del Valle a publié en octobre dernier Le Nouvel ordre post-occidental aux éditions de l’Artilleur. Le géopolitologue y décrit un empire américain moins universaliste mais plus efficace, recentré sur ses intérêts vitaux, utilisant la force de manière ponctuelle et scénarisée. L’Europe, elle, reste prisonnière d’un globalisme que l’Amérique a abandonné, affaiblie démographiquement et stratégiquement.
Alexandre Del Valle affirme que l’Occident ne dirige plus le monde. Un ordre post-occidental, « pluri-normatif » et multipolaire, s’impose progressivement. Les valeurs, institutions et narratifs occidentaux ne sont plus universels ni dominants.
Le retrait américain d’Afghanistan a envoyé un signal de faiblesse. L’élargissement de l’OTAN vers l’Ukraine a ignoré les avertissements de Kennan et Kissinger. L’Occident a franchi les lignes rouges russes, transformant l’Ukraine en « bastion avancé ». Les sanctions contre Moscou se révèlent inefficaces pour modifier le rapport de force. Le conflit ukrainien est décrit comme un tournant majeur vers la multipolarité. Ls sanctions n’ont pas affaibli la Russie comme prévu ; elles ont même renforcé les dynamiques alternatives.
Les économies du Sud global construisent des systèmes de paiement hors Swift, monnaies locales, et mécanismes de dédollarisation. Entre 2023 et 2024, la part des échanges Russie–BRICS en monnaies locales serait passée « d’un quart aux deux tiers ». On assiste à la montée en puissance de structures parallèles : OCS, BRICS / BRICS+, Nouvelles routes de la soie. La plus grande part (70 à 80 %) de la population mondiale reste indifférente aux sanctions occidentales contre la Russie. Le récit occidental ne convainc plus hors de l’Europe et de l’Amérique du Nord.
Del Valle reprend l’intuition de Brzezinski : une coalition sino-russo-iranienne constitue le principal défi à l’hégémonie américaine. Trump pourrait négocier Taiwan si Pékin offre des concessions majeures, même si l’île reste cruciale pour les semi-conducteurs. Concernant l’Iran, un changement de régime serait difficile : les Pasdarans sont puissants et l’intervention américaine resterait limitée à des actions ciblées. Del Valle insiste sur les “temps longs” : les alliances géopolitiques survivent aux régimes, et Russie, Chine, Inde et Iran continueront de coopérer.
L’Europe doit sortir de sa « torpeur normative » : dépendante du soft power américain, dirigée par des élites souvent liées à des intérêts anglo-saxons, incapable de s’affirmer face aux États-Unis. La morale ne suffit pas à faire une politique étrangère. Le monde qui vient sera multiplex, avec plusieurs centres de pouvoir et normes concurrentes. Elle cumule déclin démographique, culpabilisation identitaire et dépendance stratégique. Seule une prise de pouvoir des partis identitaires pourrait enrayer ce déclin.
L’Europe et les Etats-Unis, qui ont longtemps réussi à imposer leurs valeurs au reste du monde, dont aujourd’hui face à un rejet croissant dans les pays du « Sud global ». Alexandre Del Valle a publié en octobre dernier Le Nouvel ordre post-occidental aux éditions de l’Artilleur. Le géopolitologue y décrit un empire américain moins universaliste mais plus efficace, recentré sur ses intérêts vitaux, utilisant la force de manière ponctuelle et scénarisée. L’Europe, elle, reste prisonnière d’un globalisme que l’Amérique a abandonné, affaiblie démographiquement et stratégiquement.
Alexandre Del Valle affirme que l’Occident ne dirige plus le monde. Un ordre post-occidental, « pluri-normatif » et multipolaire, s’impose progressivement. Les valeurs, institutions et narratifs occidentaux ne sont plus universels ni dominants.
Le retrait américain d’Afghanistan a envoyé un signal de faiblesse. L’élargissement de l’OTAN vers l’Ukraine a ignoré les avertissements de Kennan et Kissinger. L’Occident a franchi les lignes rouges russes, transformant l’Ukraine en « bastion avancé ». Les sanctions contre Moscou se révèlent inefficaces pour modifier le rapport de force. Le conflit ukrainien est décrit comme un tournant majeur vers la multipolarité. Ls sanctions n’ont pas affaibli la Russie comme prévu ; elles ont même renforcé les dynamiques alternatives.
Les économies du Sud global construisent des systèmes de paiement hors Swift, monnaies locales, et mécanismes de dédollarisation. Entre 2023 et 2024, la part des échanges Russie–BRICS en monnaies locales serait passée « d’un quart aux deux tiers ». On assiste à la montée en puissance de structures parallèles : OCS, BRICS / BRICS+, Nouvelles routes de la soie. La plus grande part (70 à 80 %) de la population mondiale reste indifférente aux sanctions occidentales contre la Russie. Le récit occidental ne convainc plus hors de l’Europe et de l’Amérique du Nord.
Del Valle reprend l’intuition de Brzezinski : une coalition sino-russo-iranienne constitue le principal défi à l’hégémonie américaine. Trump pourrait négocier Taiwan si Pékin offre des concessions majeures, même si l’île reste cruciale pour les semi-conducteurs. Concernant l’Iran, un changement de régime serait difficile : les Pasdarans sont puissants et l’intervention américaine resterait limitée à des actions ciblées. Del Valle insiste sur les “temps longs” : les alliances géopolitiques survivent aux régimes, et Russie, Chine, Inde et Iran continueront de coopérer.
L’Europe doit sortir de sa « torpeur normative » : dépendante du soft power américain, dirigée par des élites souvent liées à des intérêts anglo-saxons, incapable de s’affirmer face aux États-Unis. La morale ne suffit pas à faire une politique étrangère. Le monde qui vient sera multiplex, avec plusieurs centres de pouvoir et normes concurrentes. Elle cumule déclin démographique, culpabilisation identitaire et dépendance stratégique. Seule une prise de pouvoir des partis identitaires pourrait enrayer ce déclin.

