L’ONU se transforme en SDN au pire des moments - Par Gérald Bronner
Gérald Bronner analyse, pour L’Express, la fragilisation actuelle de l’ONU, qu’il compare à la dérive de la Société des Nations (SDN) dans l’entre‑deux‑guerres. Selon lui, les initiatives unilatérales de Donald Trump — notamment la création d’un « Conseil de la paix » concurrent et le retrait des États‑Unis de 66 organisations internationales — accélèrent la perte de crédibilité de l’institution. Comme la SDN, l’ONU souffre d’un système paralysé par les vétos, d’un manque de moyens coercitifs et du retour des souverainismes, qui encouragent les grandes puissances à agir dans leurs « jardins privés ». Gérald Bronner rappelle pourtant que l’ONU, malgré ses limites, a accompagné plus de huit décennies sans guerre mondiale, contrairement à la SDN, minée par les retraits successifs et l’unanimité obligatoire. Il souligne enfin le paradoxe d’un monde confronté à des défis globalisés — climat, fiscalité, migrations, marché cognitif — alors même que la coopération internationale se délite.
