« Nous sommes en train d’autodétruire notre système électrique avec le déversement des renouvelables » - Par André Palu
André Palu, responsable à la CFE Énergies, alerte sur les conséquences du développement massif des énergies renouvelables intermittentes (ENRi) sur le système électrique français, dans un entretien exclusif pour Transitions & Energies (Eric Leser).
Selon lui, l’afflux d’électricité solaire et éolienne, prioritaire sur le réseau, oblige EDF à moduler de plus en plus fortement la production nucléaire, pourtant stable, décarbonée et amortie. En 2024, ces modulations ont atteint 30 TWh et devraient croître, notamment en raison des excédents d’ENRi provenant des pays voisins.
Cette modulation excessive entraîne des arrêts répétés de réacteurs, provoquant une usure accélérée des équipements, un raccourcissement potentiel de la durée de vie des centrales et des coûts de maintenance de plusieurs dizaines de millions d’euros par an. À long terme, certains réacteurs pourraient ne pas atteindre les 60 ans de fonctionnement prévus, ce qui représenterait un coût de remplacement de plusieurs milliards.
L’ingénieur en génie atomique estime que cette situation fragilise la sûreté du réseau, en réduisant l’inertie indispensable à sa stabilité, comme l’a montré le blackout ibérique d’avril 2025. Il appelle à revoir profondément la PPE3, à revaloriser le rôle du nucléaire, à limiter le suréquipement en ENRi et à repenser les interconnexions européennes, accusant la Commission européenne d’imposer une vision idéologique au détriment de la souveraineté énergétique des États.
André Palu
«Nous sommes en train d’autodétruire notre système électrique avec le déversement des renouvelables»
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