Le mot de Méchant Réac® - Par Laurent Sailly
Robin Rivaton décrit une bureaucratie devenue folle, capable de produire des normes toujours plus complexes, souvent idéologiques, qui finissent par nuire aux citoyens et affaiblir les responsables politiques. Son expérience d’évaluation de la RE2020 (la nouvelle réglementation énergétique et environnementale de l’ensemble de la construction neuve) lui révèle un système où quelques hauts fonctionnaires imposent des règles techniques opaques, comme l’interdiction de fait de la climatisation ou la réduction drastique des possibilités de construire. Les conventions citoyennes ou pétitions en ligne ne sont, selon lui, que des pseudo-outils démocratiques, captés par des minorités militantes. Cette inflation normative crée un cercle vicieux : lois illisibles, contournement croissant, perte de légitimité. Rivaton plaide pour un « populisme sain », fondé sur le référendum et la possibilité donnée aux collectivités d’assouplir certaines normes. Une concurrence institutionnelle ferait émerger les modèles les plus efficaces et redonnerait du pouvoir réel aux élus comme aux citoyens.
«En nourrissant la folie bureaucratique, nos politiques construisent leur propre impuissance»
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l'entretien ICIRESUME DE LA NOTE
« L’appel au peuple » ne doit pas être une menace pour la démocratie ; au contraire, il peut inspirer un manuel pratique pour redonner à l’action publique son efficacité et sa légitimité. La France s’est enfermée dans un droit dit « Potemkine » : lois bavardes, mille-feuille juridique, autorités indépendantes qui bloquent des choix locaux pourtant assumés, faisant ainsi prévaloir le formalisme sur la finalité. Dans une société horizontale, informée, plurielle, comment est-il alors possible de gouverner des individus ?
Le manuel pratique consiste à fixer des objectifs simples, à savoir rapprocher la décision du terrain, tester, publier les résultats et révoquer ce qui ne fonctionne plus. Référendums locaux, libre utilisation des données personnelles, investissement dans les outils informatiques : les mécanismes sont nombreux permettant de ne plus échoir dans une administration informelle des masses.
