Et si la démocratie basculait chez nos voisins ? Cette méfiance de tous contre tous qui monte en Europe - Par Gil Mihaely


Le mot de Méchant Réac® - Par Laurent Sailly

Les mouvements dits « populistes » ne produisent pas les mêmes effets selon les pays. Giorgia Meloni, bien que venant d’une droite radicale, gouverne de manière conservatrice classique, notamment sur l’OTAN et l’Ukraine. Elle a compris qu’un alignement sur Orbán ou Le Pen serait stérile au niveau européen et a choisi une stratégie pragmatique avec Ursula von der Leyen.
Dans de nombreuses démocraties, les citoyens comprennent mal la dimension libérale de la démocratie. Ils perçoivent les contre‑pouvoirs comme des obstacles à la volonté populaire, ce qui alimente un malaise profond.
Plus la menace extérieure (notamment russe) est tangible, plus les divergences idéologiques s’atténuent. Malgré un gouvernement conservateur identitaire, Varsovie a soutenu l’Ukraine pour des raisons historiques et géopolitiques.
Étendre la dissuasion française ne peut pas se faire par simple déclaration politique. Cela impliquerait : des infrastructures, des protocoles, des chaînes de commandement, un partage d’informations, une doctrine d’emploi. Un tel projet prendrait 10 à 15 ans et serait très coûteux. L’instabilité politique française ajouterait de l’incertitude.
L’Allemagne doit désormais assumer un rôle militaire plus important, comme dans les années 1950‑60. La montée de l’AfD inquiète car elle introduit une ligne plus ambivalente vis‑à‑vis de la Russie. Mais l’État allemand reste solidement ancré dans les structures occidentales.
Une méfiance réelle existe entre États européens. Les visions divergent : la France pousse à l’autonomie stratégique alors que d’autres (Pologne, Allemagne, Italie, Nordiques) restent très attachés aux États‑Unis. Le choix du F‑35 crée une dépendance américaine pour 30 à 40 ans.
L’UE est un club de démocraties libérales. Quand certains membres s’éloignent de ces standards (ex. Hongrie), cela pose déjà problème. Si les visions de la démocratie divergent trop, l’édifice européen pourrait se transformer ou se rétrécir.

Gil Mihaely
Et si la démocratie basculait chez nos voisins ? Cette méfiance de tous contre tous qui monte en Europe

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