Dissuasion nucléaire : Emmanuel Macron met à jour la doctrine française… ou pas ? - Par Jean-Sylvestre Mongrenier
Le mot de Méchant Réac® - Par Laurent Sailly
Jean-Sylvestre Mongrenier décrypte le discours à l’Île Longue, où Emmanuel Macron a présenté une évolution de la doctrine française de dissuasion nucléaire, en insistant sur sa dimension européenne. S’il s’inscrit dans la continuité de la tradition gaulliste, ce discours introduit néanmoins des inflexions notables. Le président affirme le renforcement des capacités nucléaires françaises et évoque une « dissuasion avancée » déployée dans la profondeur du continent européen. Cette orientation se traduit par la participation de plusieurs États européens aux exercices nucléaires français et par la possibilité de déploiements de moyens aériens français depuis des bases européennes, avec un soutien logistique partagé.
À plus long terme, l’hypothèse d’un partage nucléaire à la manière de l’OTAN est évoquée, tout en maintenant une décision d’emploi strictement nationale. Par ailleurs, la coopération annoncée avec l’Allemagne et le Royaume‑Uni sur des missiles de très longue portée vise à renforcer les capacités conventionnelles, jugées indispensables pour crédibiliser la dissuasion et éviter son contournement.
Le discours marque aussi une évolution sémantique : la référence aux « dommages inacceptables » laisse place à un critère plus flou, destiné à maintenir l’incertitude stratégique. Cette ambiguïté est assumée comme un élément central de la dissuasion, dont la mise en œuvre dépasse les échéances électorales et s’inscrit dans le temps long.
Jean-Sylvestre Mongrenier
Dissuasion nucléaire : Emmanuel Macron met à jour la doctrine française… ou pas ?
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