Les frappes sur l’Iran sont-elles « illégales » ? - Par Géraldine Woessner

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Le mot de Méchant Réac® - Par Laurent Sailly

L’opération militaire menée contre l’Iran suscite de vives condamnations internationales, plusieurs États dénonçant une violation du droit international. Décryptage de Géraldine Woessner.

Pourtant, les juristes restent prudents : la situation est juridiquement complexe. En principe, la Charte des Nations unies interdit tout recours à la force contre un État souverain, sauf autorisation du Conseil de sécurité ou cas de légitime défense. Israël et les États-Unis invoquent cette dernière, mais sa validité dépend de la notion d’« imminence » du danger, difficile à établir en 2026, contrairement à la crise de 2025 où une frappe préemptive semblait justifiable.
La question des « proxys » complique encore le débat : l’Iran finance et arme des groupes comme le Hezbollah ou les Houthis, responsables d’attaques répétées contre Israël. Reste à savoir si ces actions permettent de frapper directement l’Iran. La jurisprudence exige de prouver un « contrôle effectif » de l’État sur chaque attaque, ce qui divise les spécialistes entre une approche restrictive et une autre plus permissive fondée sur le « contrôle global ». Cette zone grise reflète l’évolution d’un droit international qui peine à s’adapter à la guerre par procuration. L’issue du conflit pourrait influencer durablement la doctrine, mais pour l’heure, trancher revient davantage à faire de la politique que du droit.

Géraldine Woessner
Les frappes sur l’Iran sont-elles « illégales » ?