Olivier Zajec : «La révolution annoncée de la doctrine nucléaire française n’a pas eu lieu»

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Le mot de Méchant Réac® - Par Laurent Sailly

Le discours d’Emmanuel Macron à l’Île Longue réaffirme les fondements de la dissuasion nucléaire française, sans basculer vers une européanisation de la décision atomique. Le président insiste sur l’exclusivité nationale de la définition et de l’usage des intérêts vitaux, rejetant tout partage décisionnel avec d’autres pays européens, notamment l’Allemagne. S’il reste fidèle à la doctrine française, il introduit toutefois plusieurs évolutions souligne Olivier Zajec : augmentation du nombre de têtes nucléaires pour maintenir la crédibilité face au renforcement mondial des défenses antimissiles, clarification de la notion d’« épaulement » et annonce de nouvelles capacités conventionnelles de très longue portée. Macron évoque aussi une « dissuasion avancée » à dimension européenne, réversible et compatible avec l’indépendance stratégique. Enfin, il crée un groupe de contact nucléaire franco-allemand, malgré les risques de dérive vers une planification partagée. Le discours cherche un équilibre délicat entre autonomie nationale et solidarité européenne.

Olivier Zajec
«La révolution annoncée de la doctrine nucléaire française n’a pas eu lieu»

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