Créer des cliniques-prisons pour les incarcérés psychiatriques

Le mot de Méchant Réac® ! par Laurent Sailly

La France connaît une crise carcérale majeure, avec un taux d’occupation de 139 % et plus d’un tiers des détenus souffrant de troubles psychiatriques graves. . La Fondation IFRAP dénonce une carcéralisation de la psychiatrie, conséquence de la fermeture massive de lits depuis les années 1970 et de l’effondrement de la psychiatrie publique. Les dispositifs actuels (USMP, SMPR, UHSA) sont sous‑dimensionnés, avec seulement 440 places réellement disponibles en UHSA.

L’IFRAP propose un plan national de 1,76 Md€ pour créer 7 650 lits sécurisés gradués, permettant de réduire de 30 % la surpopulation carcérale et de mieux traiter les détenus malades. Le fonctionnement annuel atteindrait 1,78 Md€, réparti entre Justice (sécurité) et Santé (soins). Le plan implique 8 965 ETP, dont 7 765 créations nettes, posant un défi démographique majeur pour recruter psychiatres et infirmiers.

L’IFRAP recommande une gouvernance financière unifiée, la création d’unités de moyen séjour sécurisées (UPMSS) et l’expérimentation de Mental Health Courts pour orienter les malades vers le soin plutôt que vers la prison. Les économies potentielles sur cinq ans atteindraient 5 Md€, grâce aux récidives évitées, à la baisse des violences et aux CAPEX pénitentiaires non engagés..

Samuel-Frédéric Servière
Créer des cliniques-prisons pour les incarcérés psychiatriques