Nouvelle-Calédonie : faut-il ou non un consensus ? - Par Eric Descheemaeker
La Nouvelle-Calédonie est prise entre deux logiques politiques incompatibles analyse Eric Descheemaeker : la culture océanienne du consensus, qui exige l’accord de toutes les forces politiques pour gouverner, et le principe majoritaire français, où la victoire électorale suffit à légitimer l’action publique. Cette tension rend le système institutionnel instable et souvent ingouvernable, chaque camp contestant la légitimité des décisions prises sans unanimité ou quasi-unanimité. Les négociations sur l’avenir institutionnel et le débat sur le corps électoral illustrent cette oscillation permanente : tantôt on exige un consensus intégral, tantôt on invoque le fait majoritaire pour contourner les blocages, notamment ceux du FLNKS. L’émergence d’un « consensualisme non-consensuel », accord très large mais non unanime, est critiquée comme un concept incohérent sans fondement en science politique. Descheemaeker conclut que l’archipel ne pourra sortir du chaos tant qu’il n’aura pas tranché clairement entre consensus et majorité.
Eric Descheemaeker
Nouvelle-Calédonie : faut-il ou non un consensus ?
