Annulation de la dette : ce que Philippe le Bel nous apprend sur Jean-Luc Mélenchon - Par Charles Serfaty
Le mot de Méchant Réac® ! par Laurent Sailly
Charles Serfaty analyse la
proposition d’annulation de la dette publique défendue par Jean‑Luc
Mélenchon et certains économistes contemporains, en la comparant aux pratiques
monétaires de Philippe le Bel. Serfaty rappelle que le roi, confronté à
une équation budgétaire impossible et à l’absence d’impôt régulier, recourut
massivement à la manipulation de la monnaie pour financer ses guerres,
en modifiant la teneur en métaux précieux des pièces. Cette politique,
assimilée par Nicolas Oresme (1320-1382), précurseur de la pensée monétaire, à
une « cupidité dépravée », enrichissait l’État mais déstabilisait le commerce
et provoquait des émeutes. Serfaty souligne que les propositions actuelles
d’effacement de dette reviendraient surtout à déplacer des charges au sein de
l’État et pourraient générer inflation et hausse des taux. Il conclut que,
comme au XIVᵉ siècle, la manipulation
monétaire n’est pas nécessairement préférable à une réforme fiscale.
