«Pourquoi ne parle-t-on jamais de la responsabilité des Africains dans l’esclavage des leurs ?» Par Marie-Claude Mosimann-Barbier

Convoi d’esclaves en Afrique. Peinture anonyme apportée par l’association internationale africaine pour l’exposition de 1878. Paris, Musée du quai Branly. Photo Josse/Bridgeman Images

Le mot de Méchant Réac® - Par Laurent Sailly

Marie-Claude Mosimann-Barbier dénonce l’angle choisi par la récente résolution de l’ONU qualifiant la traite atlantique de « plus grave crime contre l’humanité », en soulignant qu’elle ignore deux dimensions majeures : la traite arabo-musulmane et surtout la participation active de nombreuses sociétés africaines à l’esclavage. Elle rappelle que, bien avant l’arrivée des Européens, l’esclavage interne était une institution répandue en Afrique, structurée par les guerres intertribales, les dettes ou les sanctions sociales. Avec la demande européenne, plusieurs royaumes – Dahomey, Ashanti, Oyo, Kongo, chefferies douala, cités-États yoruba – ont organisé des razzias et vendu massivement des captifs, renforçant leur pouvoir grâce aux échanges avec les négriers. Elle décrit aussi l’ampleur meurtrière de la traite arabo-musulmane au XIXᵉ siècle, qualifiée de « génocide voilé » et plaide pour une approche historique complète, dépassant les récits victimaires et les angles idéologiques.

Marie-Claude Mosimann-Barbier
«Pourquoi ne parle-t-on jamais de la responsabilité des Africains dans l’esclavage des leurs ?»