Décrochage scolaire français : dépenser plus ne suffit pas, accuser l’immigration non plus* - Par Louis Zimmerman

Le mot de Méchant Réac® - Par Laurent Sailly

Dans deux articles, Louis Zimmerman remet en cause deux explications simplistes du décrochage scolaire français: le manque de moyens financiers et l’immigration. Le premier souligne que des dépenses élevées ne garantissent pas de meilleurs résultats; le second invite à ne pas réduire les difficultés scolaires à la composition migratoire des élèves.

Dans La France dépense trois fois plus par élève que la Turquie, pour des résultats inférieurs - Contrepoints, Louis Zimmerman souligne le faible rendement des dépenses éducatives françaises. La France consacre 126 988 dollars par élève sur l’ensemble de la scolarité et obtient 483 points en sciences, tandis que la Turquie atteint 494 points avec seulement 38 013 dollars. L’analyse statistique menée sur 35 pays de l’OCDE montre toutefois que l’évolution des dépenses n’explique que 6 % des différences de trajectoire scolaire. L’auteur ne conclut donc pas à l’inutilité des moyens, mais à l’importance décisive de leur affectation, de l’organisation scolaire et de la formation des enseignants.

La seconde étude, PISA : l’immigration n’explique pas le décrochage scolaire français - Contrepoints, complète ce diagnostic. Les élèves issus de l’immigration présentent en France un retard moyen de 54 points en sciences, mais les deux tiers de cet écart sont associés au milieu social et à la langue. L’immigration ne constitue donc pas, à elle seule, une explication suffisante du recul général, qui concerne l’ensemble du système scolaire.

Les deux analyses convergent vers une même idée : ni l’insuffisance des budgets ni l’immigration ne permettent d’expliquer isolément le décrochage français. Le problème apparaît principalement structurel : l’efficacité du système éducatif dépend surtout de son fonctionnement (allocation des ressources, organisation scolaire, formation des enseignants et méthodes pédagogiques). L’enjeu serait donc moins d’augmenter les budgets ou d’incriminer l’immigration que d’examiner les causes structurelles des faibles performances françaises.

Louis Zimmerman
*La France dépense trois fois plus par élève que la Turquie, pour des résultats inférieurs
*PISA : l’immigration n’explique pas le décrochage scolaire français

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