La stratégie de puissance de la Turquie - Par Jean François Drevet
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Le mot de Méchant Réac® ! par Laurent Sailly
Jean‑François Drevet analyse comment la Turquie, sous
l’impulsion d’Erdoğan, a profondément réorienté sa politique étrangère depuis
2015, mêlant nationalisme et islam politique. Cette stratégie vise un rôle
eurasiatique ambitieux, marqué par une rhétorique belliqueuse, un activisme
régional et une confrontation croissante avec Israël. Ankara s’appuie sur une
diaspora encadrée par le Diyanet [qui contrôle en France une centaine de
mosquées] et sur un MIT renforcé [Service de renseignement qui dépend
directement de la Présidence], devenu un instrument central d’ingérence
extérieure. Le pays privilégie le hard power, développant une industrie de
défense dynamique, notamment dans les drones, et multipliant les interventions
en Syrie, Libye ou Somalie. Cette politique crée toutefois un isolement
diplomatique, des tensions avec l’UE — notamment en Méditerranée orientale via
le projet Mavi Vatan — et une instabilité régionale accrue. L’ancien
fonctionnaire européen, spécialiste des politiques de voisinage et
d'élargissement conclut que cette posture agressive nuit aux intérêts
géopolitiques pourtant favorables de la Turquie.
