Benjamin Morel : «L’État de droit n’interdit pas de vouloir changer l’état du droit»
Le mot de Méchant Réac® ! par
Laurent Sailly
Benjamin Morel, maître de
conférences en droit public, analyse la place de l’État de droit dans le débat
politique contemporain. Il rappelle d’abord qu’aucune démocratie stable ne peut
exister sans respect de la Constitution, qui garantit les libertés fondamentales
et empêche que des majorités passagères ne les abolissent. Morel souligne
toutefois que l’État de droit n’interdit pas de modifier l’état du droit,
dès lors que les procédures prévues – notamment l’article 89 – sont respectées.
Il juge légitimes les débats ouverts par Bruno Retailleau sur une réorientation
de la jurisprudence constitutionnelle. Morel met en garde contre une vision
sacralisée du juge, dont les décisions restent interprétatives et parfois
discutables. Il appelle enfin à retrouver un équilibre entre délibération
démocratique et garantie des droits, afin d’éviter que l’excès de juridiction
ne fragilise l’adhésion au système constitutionnel.
Lire : Bruno Retailleau : un projet de refondation constitutionnelle et républicaine* - Par Laurent Sailly
