Ces hautes autorités que vous financez... (CNDP, AFLD, AMF, CSA, H3C, HADOPI, etc)


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Le Grand Débat National a révélé au grand public, une partie inconnue de l’administration française : les Autorités Administratives Indépendantes via la rémunération de la présidente de la Commission nationale du débat public. Ainsi, l’éclairage était-il fait sur la CNDP, autorité administrative indépendante de 25 membres, dont la mission est d’informer les citoyens et de faire en sorte que leur point de vue soit pris en compte dans le processus de décision. Le président et les 2 vice-présidents sont rémunérés, ainsi que les 9 employés de la CNDP. Les fonctions des membres de la CNDP donnent lieu à des indemnités. En 2017, les frais de personnel ont représenté 1.259.434 € et les frais de fonctionnement 613.423 €.

C’est dans la loi du 6 janvier 1978 créant la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) que le terme est apparu pour la première fois. Ces dernières années, les hautes autorités indépendantes se sont mises à proliférer comme champignons après la pluie. Il y a des hautes autorités dans toute sorte de domaines, mais notez que les Hauts Conseils ne sont pas en reste sans oublier les Commissions nationales, qui sont innombrables. Les lois organique et ordinaire du 20 janvier 2017 ont restreint le nombre des Autorités Administratives Indépendantes (AAI) et créé, au sein de cette catégorie, des Autorités Publiques Indépendantes (API). On est ainsi passé d’une quarantaine d’AAI à 26 dont 8 ont le statut d’API. Les AAI et API (Autorités indépendantes) ne peuvent être créées que par une loi.

En tant qu’expression d’une logique de contre-pouvoir, les AAI traduisent une véritable défiance envers l’Etat, soupçonné de manquer de continuité – pour cause d’élections. Elles accompagnent la montée de ce qu’on appelle la « gouvernance », par quoi les politiques tentent d’échapper à leurs responsabilités en se déchargeant sur des structures non élues et faiblement contrôlées par le Parlement. Elles constituent un démantèlement de l’administration, en se substituant souvent aux organes de l’Etat. En outre, ces agences présentent l’inconvénient de chercher à justifier leur existence en s’attribuant des pouvoirs que le législateur ne leur avait pas toujours confiés.

C’est autorités indépendantes sont autant de points de chute - et aussi des revenus – destinées aux amis de la majorité du moment qui ne peuvent pas tous être nommés ministres. Il est « naturel », en France, que les dirigeants de ces structures administratives s’accrochent à leur fonction et il est bien rare de voir démanteler une structure administrative existante – même lorsque les raisons qui ont présidé à sa création ont disparu depuis longtemps. Ce sont des centaines de membres, conseillers, experts, fonctionnaires détachés, agents traînés par une ribambelle de présidents, vice-présidents, secrétaires généraux qui présentent des notes de frais, qui perçoivent des salaires, des jetons de présence…