Julien Lalanne de Saint-Quentin : «Comment l’Iran transforme le détroit d’Ormuz en atout stratégique et financier»
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| Navires de charge près du détroit d’Ormuz, vus du nord de Ras al-Khaimah, près de la frontière avec la gouvernance de Musandam d’Oman, le 11 mars 2026. Stringer / REUTERS |
L’Iran bouleverse l’équilibre juridique et stratégique du détroit d’Ormuz en imposant un itinéraire de navigation dans ses eaux territoriales et en menaçant de miner la partie omanaise analyse Julien Lalanne de Saint-Quentin. N’ayant jamais ratifié la Convention de l’ONU sur le droit de la mer, Téhéran conteste le principe du transit sans entrave et se pose en « persistent objector ». Cette nouvelle configuration lui permettrait d’instaurer un péage maritime, transformant Ormuz en source de rente comparable à la nationalisation du canal de Suez par Nasser. Les revenus potentiels pourraient dépasser la rente pétrolière, cruciale pour une économie sous sanctions. Au-delà du péage, l’incertitude permanente — risques de minage, brouillage, restrictions sélectives — renchérit les coûts d’assurance et perturbe les chaînes logistiques mondiales. Enfin, l’acceptation de paiements en yuans, rials ou cryptomonnaies contribuerait à éroder le rôle central du dollar. La seule issue durable serait le déminage de la zone omanaise pour restaurer un cadre juridique stable.
Julien Lalanne de Saint-Quentin
«Comment l’Iran transforme le détroit d’Ormuz en atout stratégique et financier»
