11 avril 879 : Carolingiens, le début de la fin !

Louis II recevant les insignes royaux, enluminure du XIVe siècle.

Le mot de Laurent Sailly

Comment, en une vingtaine d’années, la dynastie carolingienne est passée d’un empire encore puissant à une monarchie vidée de substance, minée par les morts prématurées, les guerres fratricides, l’incapacité des souverains et l’ascension irrésistible des grands féodaux. L’élection d’Eudes en 888 marque le début de la fin de la monarchie carolingienne et l’entrée dans un ordre féodal dominé par les seigneurs.

1. Un effondrement dynastique accéléré (877–898)

  • Après la mort de Louis II le Bègue (11 avril 879), ses deux fils Louis III et Carloman II règnent très brièvement, mourant jeunes et sans héritiers.
  • Les différentes branches carolingiennes s’éteignent les unes après les autres : Lothaire, Pépin, Louis le Germanique, puis Charles le Chauve.
  • Cette extinction en cascade provoque des regroupements territoriaux chaotiques et des guerres de succession quasi permanentes.
2. Un pouvoir royal affaibli et contesté
  • Les Carolingiens multiplient les concessions aux grands pour acheter leur loyauté.
  • Le synode de Quiercy (877) reconnaît un début d’hérédité des « bienfaits », sapant la capacité du roi à distribuer ou retirer les fiefs.
  • Le pouvoir royal devient progressivement incapable de contrôler les comtes et les grands féodaux.
3. Crises politiques et incapacité des souverains
  • Charles le Chauve, devenu empereur, meurt misérablement en 877 après un soulèvement.
  • Louis III meurt en se cognant la tête en poursuivant une jeune fille ; Carloman II meurt à la chasse.
  • Charles le Gros, dernier Carolingien adulte, est appelé à régner sur la Francie mais se révèle incapable et est déposé en 887.
4. L’émergence de nouveaux royaumes
  • Boson fonde le royaume de Provence (879), premier souverain non carolingien élu par des grands et des évêques.
  • Rodolphe fonde le royaume de Bourgogne (888).
  • Ces créations marquent la désagrégation de l’unité carolingienne.
5. L’avènement d’Eudes (888) : la fin de l’exclusivité carolingienne
  • Les grands élisent Eudes, comte de Paris, héros de la lutte contre les Normands.
  • Son élection symbolise la prise de pouvoir de l’aristocratie et l’effacement de la légitimité carolingienne.
  • Avant sa mort, Eudes désigne pourtant Charles le Simple comme successeur, apaisant la rivalité entre Carolingiens et Robertiens.
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