La Hongrie de Orbán n'était donc pas une dictature - Par Jean-Dominique Merchet
En Hongrie, pays que je connais bien, la lourde défaite électorale de Viktor Orbán @orbanviktor après 16 ans de pouvoir, nous apprend plusieurs choses: 1) La Hongrie de Orbán n'était pas une dictature. La preuve par les élections d'hier. Orbán avait le soutien d'une majorité d'électeurs, il l'a perdu, il s'en va. Le pays est donc resté une démocratie, certes "illibérale", mais une démocratie quand même. Comme je l'ai récemment écrit dans la @Revuedes2Mondes, Orban est un représentant des "néo-démocrates" avec Netanyahou ou Erdogan, par exemple.#Hongrie #Magyarország En Hongrie, pays que je connais bien, la lourde défaite électorale de Viktor Orbán @orbanviktor après 16 ans de pouvoir, nous apprend plusieurs choses:
— jean-dominique merchet (@jdomerchet) April 13, 2026
1) La Hongrie de Orbán n'était pas une dictature. La preuve par les élections d'hier. Orbán avait le… pic.twitter.com/xalMtbAthS
2) Son échec s'explique par plusieurs raisons. D'abord, l'économie. Le pays se porte mal depuis 2020 et les prix ont fortement augmenté. Le contraste est frappant avec le dynamisme économique de la Pologne, voire de la Roumanie, ce qui est vécu comme une humiliation. La politique économique "non-orthodoxe", avec un fort interventionnisme du pouvoir, n'a pas donné de brillants résultats. µ
3) Dans ce contexte, la corruption massive des cercles du pouvoir, et les atteintes inhérentes à l'Etat de droit qui l'accompagnent, ont été rejeté par une majorité de Hongrois, qui ne profitaient plus des fruits de la croissance.
4) L'usure naturel du pouvoir après quatre mandats consécutifs (16 ans) et même cinq s'il l'on tient compte du premier (1998-2002). Viktor Orban est sur la scène politique hongroise depuis 1989.
5) Faute de pouvoir présenter un bon bilan économique, Orbán avait choisi de faire campagne sur le thème de la paix (éviter d'être entrainer dans la guerre d'Ukraine). Cela n'a pas marché.
6) Une question reste ouverte : son illibéralisme a-t-il été rejeté ? En partie, mais en partie seulement. Le futur Premier ministre Peter Magyar est un homme de droite (il siège avec LR et la CDU au Parlement européen), même s'il a bénéficié du soutien des progressistes. Il se réconciliera avec Bruxelles (à la manière de Giorgia Meloni) ce qui lui permettra de bénéficier des fonds européens mais conservera une ligne anti-immigration et une certaine prudence vis-à-vis de l'Ukraine dont la cause n'est pas populaire en Hongrie - tout en s'éloignant de Moscou. Toutefois, le pays reste extrêmement dépendant de la Russie pour son approvisionnement en énergie (pétrole, gaz, nucléaire).
4) L'usure naturel du pouvoir après quatre mandats consécutifs (16 ans) et même cinq s'il l'on tient compte du premier (1998-2002). Viktor Orban est sur la scène politique hongroise depuis 1989.
5) Faute de pouvoir présenter un bon bilan économique, Orbán avait choisi de faire campagne sur le thème de la paix (éviter d'être entrainer dans la guerre d'Ukraine). Cela n'a pas marché.
6) Une question reste ouverte : son illibéralisme a-t-il été rejeté ? En partie, mais en partie seulement. Le futur Premier ministre Peter Magyar est un homme de droite (il siège avec LR et la CDU au Parlement européen), même s'il a bénéficié du soutien des progressistes. Il se réconciliera avec Bruxelles (à la manière de Giorgia Meloni) ce qui lui permettra de bénéficier des fonds européens mais conservera une ligne anti-immigration et une certaine prudence vis-à-vis de l'Ukraine dont la cause n'est pas populaire en Hongrie - tout en s'éloignant de Moscou. Toutefois, le pays reste extrêmement dépendant de la Russie pour son approvisionnement en énergie (pétrole, gaz, nucléaire).
