Benjamin Morel : "Les démocraties ne s’abîment pas en une nuit, elles s’érodent"

ESTELLE RUIZ / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

Le mot de Méchant Réac® ! Par Laurent Sailly

La crise politique actuelle découle, selon Benjamin Morel, de la tripolarisation durable de la vie politique française : un bloc central libéral, une gauche structurée autour de LFI et une droite radicale dominée par le RN. Aucun de ces blocs ne peut former d’alliance sans coût électoral majeur, rendant le scrutin majoritaire inadapté et incapable de produire des majorités stables. L’élection présidentielle ne garantit plus de majorité législative : la mobilisation différentielle ne suffit plus dans un paysage à trois pôles. Morel défend l’instauration d’une proportionnelle rationalisée, qui réduirait le coût des coalitions et stabiliserait l’action publique, à condition de renforcer les moyens du Parlement. Il identifie deux dérives illibérales possibles : un illibéralisme populiste contestant les contre‑pouvoirs, et un illibéralisme technocratique qui tord les règles pour gouverner sans majorité. Les démocraties, avertit-il, s’érodent progressivement, comme à la fin de Weimar.

Benjamin Morel
"Les démocraties ne s’abîment pas en une nuit, elles s’érodent"

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