La Chine, grande gagnante de la guerre d’Iran - Par Nicolas Baverez

Xi Jinping à Pékin, le 8 avril 2026. LI GANG/XINHUA VIA AFP/LI GANG

Le mot de Méchant Réac® - Par Laurent Sailly

Pour Nicolas Baverez, la Chine ressort paradoxalement renforcée de la guerre d’Iran. Malgré une démographie en chute libre, une économie minée par la déflation et un krach immobilier massif, Pékin compense ses fragilités par une stratégie de puissance fondée sur la sécurité énergétique, l’électrification et la maîtrise de ses dépendances. Ses stocks pétroliers géants et la réduction de ses importations ont neutralisé le choc d’Ormuz, tandis que son leadership dans les technologies bas carbone accroît sa compétitivité. Les interventions américaines au Venezuela et en Iran ont révélé les limites militaires chinoises, mais aussi l’impasse stratégique de Washington. La dédollarisation progresse, affaiblissant la position financière des États-Unis. Pékin apparaît ainsi comme un pôle de stabilité pour les pays du Sud et un rival désormais égal aux États-Unis, tout en maintenant une ligne dure sur Taïwan et en misant sur l’affaiblissement structurel de l’Occident.

Nicolas Baverez
La Chine, grande gagnante de la guerre d’Iran