Programme 2027 du P.S. : « Vivre libres » ou l'économie sous liberté surveillée - Par Laurent Sailly
La première version (144 pages) du projet économique du Parti socialiste en vue de 2027*, provisoirement intitulé « Vivre libres » dresse un diagnostic décliniste et une réponse politique dominée par un retour de l’État (régulation, planification, contrôle), au prix d’un affaiblissement des libertés individuelles et d’une faible crédibilité économique et budgétaire.
1) Un diagnostic centré sur le « capitalisme » et la mondialisation
Selon le projet socialiste, une grande partie des difficultés sociales et territoriales est due au « capitalisme néolibéral », au libre-échange et à la mondialisation. Cette grille de lecture est peu compatible avec les caractéristiques françaises (poids de la dépense publique, niveau de prélèvements, densité réglementaire). La mondialisation a accompagné de fortes améliorations d’indicateurs (pauvreté, santé), ce qui relativise l’idée d’un échec généralisé du modèle.
2) Des mesures « classiques » et peu renouvelées
Le caractère répétitif des propositions est à souligner : hausse du SMIC, encadrement d’écarts de rémunération, encadrement des loyers, dispositifs de réquisition, nationalisations ou prises de participation publiques, renforcement de la fiscalité sur les hauts revenus, le capital et les successions. Ces choix répondent davantage à une logique de redistribution et de contrainte qu’à une logique de création de richesse, et comportent des effets pervers (emploi, investissement, offre de logement).
3) Une crédibilité budgétaire faible
La multiplication des dépenses ou engagements (salaires, retraites, politiques sectorielles) sont insuffisamment chiffrée, tandis que les rares pistes de financement reposent surtout sur « les riches » et le capital. Cette stratégie est fragile en raison des réactions d’évitement des agents économiques (délocalisation, moindre investissement, optimisation), ce qui met en doute la soutenabilité du projet dans un contexte de déficit et de dette déjà élevés.
4) Un retour assumé à l’État stratège, jusqu’à la « mise sous tutelle »
C’est le retour d’une philosophie générale d’intervention publique intensive : planification (notamment écologique et industrielle), multiplication des normes, contrôle de secteurs ou d’activités, et possibilité d’intervention directe dans les entreprises ou sur des sites industriels, y compris lorsque l’activité serait déficitaire. La confiance élevée accordée à la capacité de l’administration à orienter l’économie et à « corriger » le marché, présente un risque d’arbitraire, d’inefficacité et de rigidité.
C’est le retour d’une philosophie générale d’intervention publique intensive : planification (notamment écologique et industrielle), multiplication des normes, contrôle de secteurs ou d’activités, et possibilité d’intervention directe dans les entreprises ou sur des sites industriels, y compris lorsque l’activité serait déficitaire. La confiance élevée accordée à la capacité de l’administration à orienter l’économie et à « corriger » le marché, présente un risque d’arbitraire, d’inefficacité et de rigidité.
5) La « liberté » redéfinie par l’égalité et la régulation
Dans le projet « Vivre libres », la liberté est principalement comprise comme une liberté « réelle » conditionnée par l’égalité matérielle, justifiant une « puissance publique forte » et des « règles communes » étendues. Je soutiens une conception libérale de la liberté comme protection contre l’arbitraire et limitation du pouvoir politique : plus l’État intervient pour « émanciper », plus il multiplie les contraintes susceptibles de restreindre les choix individuels (économie, propriété, expression, vie privée).
Dans le projet « Vivre libres », la liberté est principalement comprise comme une liberté « réelle » conditionnée par l’égalité matérielle, justifiant une « puissance publique forte » et des « règles communes » étendues. Je soutiens une conception libérale de la liberté comme protection contre l’arbitraire et limitation du pouvoir politique : plus l’État intervient pour « émanciper », plus il multiplie les contraintes susceptibles de restreindre les choix individuels (économie, propriété, expression, vie privée).
6) Numérique, IA, Europe et commerce : une logique de précaution et de repli
La technologie (numérique et IA) est présentée davantage comme un risque à encadrer que comme un moteur de productivité et d’innovation. Sur le plan externe, ile projet socialiste invite à une critique du libre-échange et ambitionne de « réorienter » l’Europe contre ses « fondations libérales », vers un protectionnisme implicite et une extension du modèle d’intervention publique français à l’échelle européenne.
Conclusion
Le projet socialiste est ouvertement anti-libéral, anti-marché et fortement dirigiste, dont la promesse de « liberté » est contredite par l’extension des instruments de contrôle public.
La technologie (numérique et IA) est présentée davantage comme un risque à encadrer que comme un moteur de productivité et d’innovation. Sur le plan externe, ile projet socialiste invite à une critique du libre-échange et ambitionne de « réorienter » l’Europe contre ses « fondations libérales », vers un protectionnisme implicite et une extension du modèle d’intervention publique français à l’échelle européenne.
Conclusion
Le projet socialiste est ouvertement anti-libéral, anti-marché et fortement dirigiste, dont la promesse de « liberté » est contredite par l’extension des instruments de contrôle public.
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