De grandes libertés impliquent de grandes responsabilités
Je veux parler aux gilets jaunes.
Alors entendez-moi bien, je ne parle qu’aux vrais gilets jaunes.
Aux motivés. Aux convaincus. A ceux qui occupent les ronds-points.
Pas aux gilets jaunes de salon, qui soutiennent à distance
et qui, comme tout le monde, veulent payer moins d’impôts et bénéficier de plus
de services. Pas aux gilets jaunes des tableaux de bord, qui arborent un gilet
jaune dans leur voiture pour qu’on leur foute la paix. Pas aux gilets jaunes
des autoroutes, qui klaxonnent aux péages, bien content de ne pas avoir à payer.
Non ! Aux vrais gilets jaunes, ceux du 17 novembre, ceux
des Champs-Elysées.
Mais attention, pas aux casseurs, ni aux ultras de gauche ou
de droite, ou aux gilets jaunes politisés (LFI, Rassemblement National, recalés
d’anciens candidats à l’investiture LREM aux législatives de 2017…).
Je ne parle qu’aux vrais gilets jaunes. Pas aux gilets
jaunes qui soutiennent les thèses complotistes. Pas aux gilets jaunes qui bloquent
la circulation. Pas aux gilets jaunes qui insultent et menacent sur les réseaux
sociaux.
Aux vrais gilets jaunes dis-je, à ceux qui agissent avec
honnêteté, par altruisme. Pas aux gilets jaunes qui appellent à la commission d’un
délit en s’en prenant au Palais de l’Elysée. Pas aux gilets jaunes qui agressent
les forces de l’ordre ou les agents de l’Etat. Pas aux gilets jaunes représentés
par les huit porte-paroles élus fin novembre qui ne les représentent, pas plus
que représentants des gilets jaunes libres.
Non ! Non ! j’insiste, je ne parle qu’aux gilets
jaunes qui n’arrivent pas à boucler leurs fins de mois. Pas aux gilets jaunes
qui filment les manifestations avec le dernier smartphone à la mode, ou bénéficient
des avantages sociaux du pays sans rechercher du travail. Pas aux gilets jaunes
abonnés à tous les bouquets « sport » de télévision ou qui peuvent se
payer un paquet de cigarettes par jour.
Je veux parler aux vrais gilets jaunes. Mais qui sont-ils ?
Au plus fort, ils étaient 300.000 gilets jaunes desquels il
faut soustraire tous ceux énumérés ci-dessus (au 17 novembre). Ils n’étaient
plus que 75.000 samedi dernier et moins de 10.000 occupaient encore des points spécifiques
cette semaine.
Je veux dire
aux vrais gilets jaunes qu’ils sont des Français qui ont des droits mais qu’ils
ne sont pas le peuple français, ils sont une partie du peuple français, et qu’ils doivent être conscients que jouir de
grandes libertés impliquent de grandes responsabilités !
