« Attention, une dette peut en cacher une autre ! »


Aujourd’hui, chaque français naît avec une dette "réelle" (Bilan et Hors bilan) de plus de 98.000 € !


La dette fantôme de l’Etat, l’autre bombe à retardement

Edito de Remi Godeau de L’Opinion



Attention, une dette peut en cacher une autre ! Avant les derniers arbitrages budgétaires, la sénatrice UDI Nathalie Goulet s’alarme dans lefigaro.fr [lire ci-dessous] de l’opacité persistante des finances publiques. A raison. Les Français ont appris à vivre avec la dérive d’un endettement public désormais proche de 100 % du PIB (2 315 milliards d’euros). Mais ils ignorent tout des 4 210 milliards d’euros supplémentaires de la dette fantôme de l’Etat. Appelé engagements hors bilan, ce passif honteux est escamoté par la classe politique, adepte du toujours plus.
A vrai dire, ce n’est pas à la veille de la réforme des retraites que transparence sera faite ! Car, sujet explosif, la moitié de l’ardoise cachée est due au titre des retraites des fonctionnaires et de l’équilibre des régimes spéciaux. En clair, si l’Etat devait payer du jour au lendemain toutes les pensions de ses agents, il lui faudrait débourser 2 000 milliards, l’équivalent d’un quart de siècle d’impôt sur le revenu.
Courant en comptabilité privée, ce calcul reste théorique lorsqu’il est appliqué à une entité qui, par définition, ne peut faire faillite. Il n’empêche. Ses vertus pédagogiques sont évidentes. Nos dirigeants oublient trop souvent que l’embauche d’un fonctionnaire engage les finances publiques pour plus de soixante ans. Et que leur vision à court terme mine pour longtemps les marges de manœuvre budgétaires : en vingt ans, les charges annuelles liées aux retraites publiques ont doublé ; elles auront triplé d’ici à 2040.
Vu sous cet angle, le renoncement du gouvernement à réduire les effectifs de l’Etat apparaît dans toute son aberration. Mais chut… Ministre des Finances de Louis XVI, Jacques Necker ne s’y était pas trompé : « Les ténèbres et l’obscurité favorisent la nonchalance. »


Une parlementaire alerte sur «l’autre» dette de l’État
Par Luc Lenoir pour Lefigaro.fr



INTERVIEW - La sénatrice Nathalie Goulet, rapporteur d’une mission sur les engagements financiers de l’État, met en garde contre le manque de transparence autour des engagements hors bilan de l’État. En cas de crise, le dérapage des finances pourrait se révéler fatal.


C’est un péril peu connu du contribuable. Les engagements hors bilan de l’État, ces obligations de financement public à plus ou moins long terme, seraient en dérapage depuis plusieurs années, sans que l’on en ait averti les Français. Selon l’économiste Jean-Yves Archer, récemment auteur d’une tribune dans Les Échos , ils s’élèvent désormais à près de 4300 milliards d’euros au 31 décembre 2018, soit plus de 130 milliards d’euros par rapport à 2017, et quatre fois plus qu’en 2005. Une somme qui approche du... double de celle de la dette publique au sens de Maastricht (2315,3 milliards d’euros fin 2018)! Des chiffres qui font bondir Nathalie Goulet, sénatrice (UDI) de l’Orne. Pour celle qui est rapporteur spécial de la mission «Engagements financiers de l’État», le danger est bien réel pour le budget public français, notamment en cas de crise économique.

La dette hors bilan concerne en effet plusieurs domaines. D’abord, les comptes sociaux de la nation: l’État garantit à long terme le paiement des retraites de la fonction publique, et c’est là son engagement le plus lourd (2287 milliards d’euros). Il s’engage aussi sur différentes subventions aux régimes spéciaux de retraite, ou à assurer des aides en matière de logement, de handicap ou de dépendance. Sur le plan économique, les engagements hors bilan sont les dettes garanties par l’État, ou encore les garanties liées à des missions d’intérêt général (soutien à l’exportation ou aux livrets d’épargne réglementés...). Enfin, l’État peut avoir à assumer des dépenses en cas d’évènement extraordinaire, telles que des actions de dépollution ou en cas de catastrophe nucléaire.


Nathalie Goulet est sénateur (UDI) de l’Orne, et rapporteur spécial de la mission «Engagements financiers de l’État».