Greta Thunberg : un voyage en voilier vers New York... mais aussi six billets d’avion
Deux allers en avion entre
l’Europe et les Etats-Unis pour la Suédoise et son père auraient été moins
polluants que les conséquences engendrées par son voyage en voilier zéro
carbone.
Se rendre
à New York en voilier zéro carbone pour participer au
sommet de l'ONU sur le climat, c'était parfait pour l'image de la jeune égérie
de la lutte contre le réchauffement climatique. Mercredi la Suédoise de 16 ans,
Greta Thunberg a donc embarqué avec son père sur le Malizia II, skippé par Pierre Casiraghi, le fils cadet de la princesse Caroline
de Monaco et l'Allemand Boris Herrmann.
C’est un paradoxe auquel Greta Thunberg, très critique envers les
conséquences écologiques des vols en avion, devrait se faire un plaisir de
répondre. La jeune militante suédoise, qui doit participer à un sommet sur le
climat à New York le 23 septembre prochain, a choisi de s’y rendre en
traversant l’océan Atlantique à bord d’un voilier en carbone réputé très
écologique – bien
que sponsorisé par des marques un peu moins écolos, comme BMW ou une banque suisse. Problème :
l’organisation du périple en mer va nécessiter au moins quatre vols
transatlantiques, rapporte le journal allemand Die Tageszeitung.
Un comble.
Et pour cause : selon le quotidien, deux employés, qui auront la tâche de
ramener le voilier en Europe, devront avant cela se rendre outre-Atlantique en
avion. Le skipper allemand qui accompagne Greta Thunberg, Boris Herrmann,
reviendra lui aussi par les airs sur le Vieux Continent. « Bien sûr, ils
volent là-bas, il n’y a pas le choix », a expliqué Andreas Kling, le
porte-parole du sportif. « Nous avons organisé le voyage dans des délais
très brefs. Par conséquent, deux devront se rendre aux États-Unis pour ramener
le bateau », a confirmé un porte-parole de l'équipe Malizia au Times.
Le père de la militante, Svante Thunberg, le fondateur monégasque de l’équipe
Malizia détentrice du voilier, Pierre Casiraghi, et un cinéaste sont également
du voyage à bord du voilier. Pierre Casiraghi, actionnaire
d'une entreprise d'hélicoptères, n'est par ailleurs pas vraiment
réputé pour son engagement en faveur de l'environnement. Il rentrera lui aussi
des États-Unis en avion.
De leur côté, père et
fille reviendront probablement en Europe dans un bateau porte-conteneurs. Leur
présence à bord d'un tel cargo n'entraînera alors quasiment pas de pollution
supplémentaire.
Si Greta Thunberg avait pris
l’avion avec son seul père, le coût environnemental aurait donc été bien
moindre. À en croire le média allemand, et selon la calculatrice d’émissions
atmosphériques de l'ONG environnementale allemande Atmosfair, un vol Hambourg-New York
génèrerait 1 800 kg de CO2. Une empreinte carbone bien trop importante au
regard des efforts de limitation du réchauffement climatique à deux
degrés. Le calcul est donc assez simple : il aurait été moins dommageable
pour la planète de voir Greta Thunberg se rendre à New York en avion plutôt que
de faire se déplacer tout un groupe à travers ce périple en voilier.
