Plus d’Etat, c’est moins de GAFA français

Pendant que la taxe Gafa est en train de faire pschitt chez Amazon qui la refacture à ses partenaires français, le mois d’août a été propice pour liquider en catimini le projet désastreux de l’Etat dans la création d’un « cloud » souverain français. Face à la domination des géants américains dans le « cloud », l’Etat français avait décidé en 2012 d’investir 150 millions d’euros pour créer un service numérique dans les « nuages » à la française.
Plusieurs groupes s’étaient lancés dans ce projet avec l’Etat, dont Orange et Thalès qui avaient créé Cloudwatt et SFR et Bull promoteurs de Numergy bientôt cédé à celui-là. Le chiffre d’affaires de l’un et l’autre n’a jamais dépassé quelques millions d’euros et Orange, qui avait racheté le tout entre-temps, vient d’en annoncer la fermeture définitive en écrivant à ses clients le 1er août : "A compter du 1er février 2020, la plateforme Cloudwatt sera définitivement effacée et sans action de votre part vos données seront définitivement effacées et non récupérables". Que d’argent public dépensé en vain ! Une nouvelle affaire Bull en quelque sorte qui prouve que l’Etat, encore actionnaire de référence d’Orange, n’a pas compris qu’il n’a pas à se faire entrepreneur à la place des entrepreneurs.
Mieux, il réitère avec son projet de Netflix à la française en impliquant une fois encore un acteur public, France Télévisions, associé à des acteurs privés, TF1 et M6. Le projet Salto doit permettre la création d’une plate-forme vidéo commune entre les trois plus grands opérateurs français de télévision en clair. Mais en France, quand l’Etat ne freine pas directement les ardeurs entrepreneuriales, il le fait au travers de la réglementation contraignante et tatillonne qu’il a tissée depuis des lustres. Pendant que Netflix gagnait des millions de clients français et que Disney préparait le lancement de son service Disney + de vidéo à la demande, le projet Salto engagé en juin 2018 a dû être passé au crible d’abord par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, CSA, puis par l’Autorité de la Concurrence. Celle-ci a donné son accord rapidement, mais avec tant de conditions que le projet n’en ressort pas indemne.