Maxime Tandonnet : Naufrage de la médiocrité

Le spectacle donné par la diplomatie planétaire, le G7 et autour, atteint un niveau de médiocrité qui est probablement sans précédent: floraison d’insultes, y compris sur le physique des épouses, représailles, valse des coups de communication et des coups de théâtre, annonces tonitruantes, ingérences intempestives, exubérance narcissique, ivresse de l’ego et de l’image, course à la récupération des émotions médiatiques et au sensationnel, mépris des grands dossiers de l’époque et de la souffrance des peuples (développement économique et social, inégalités planétaires, chômage de masse, misère, déséquilibres démographiques, terrorisme, guerres civiles, répressions), dans le contexte de médias serviles et de populations blasées par les excentricités de leurs dirigeants. De fait, la vie internationale devrait reposer sur des constantes, sur des rapports de force entre les Etats, sur des réalités historiques et géographiques, sur un climat de sobriété, de respect pour les contribuables qui payent ces manifestations. Les dirigeants des Etats ne sont en principe rien d’autre que les porte-parole des Nations dans leur continuité. Ils ne sont pas là pour se donner en spectacle. Celui auquel nous assistons donne l’image d’un naufrage de la classe dirigeante occidentale, sans exception, dans l’esbroufe et l’irresponsabilité, une comédie qui sert à couvrir d’un voile pudique les tragédies de l’avenir. Comment cela finira-t-il ? Lire ou relire l’avertissement d’Albert Sorel, historien et philosophe de l’histoire dans les années 1890...