De la différence à la “ diversité ”


Le mot “chien” ne mord pas, c'est bien connu. Mais si les mots ne sont pas les choses, c'est aussi que ces dernières restent en général immuables, tandis que les termes qui les désignent peuvent changer de sens. Qui se souvient encore, à une époque où la “dignité humaine” est devenue un article de foi, qu'à Rome la dignitas n'était reconnue qu'à ceux qui… s'en montraient dignes ? Qui sait encore que la “vertu” désignait à l'origine la capacité virile ? Et la morale ! On rencontre aujourd'hui couramment des gens qui pensent qu' “il n'y a plus de morale” et d'autres pour qui le moralisme omniprésent du politiquement correct est devenu insupportable. Les uns et les autres ont raison, c'est seulement que ce que l'on entend désormais par “morale” n'a plus le même sens qu'autrefois. La morale enseignait naguère à bien se comporter pour atteindre l'excellence de soi. Aujourd'hui, elle consiste à approuver ce que l'idéologie dominante définit comme une “société plus juste”.
Il en va de même de la différence. Jusqu'à une époque relativement récente, c'était une notion qui ne posait pas de problèmes. Il y avait des différences entre les hommes, des différences entre les sexes (vive la différence !), des différences entre les peuples, et l'on considérait tout naturellement que la somme de toutes ces différences faisait la richesse de l'humanité.
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