Fin de l’opération Epic Fury : ce nouveau Moyen-Orient qui émerge avec ou sans vainqueur militaire évident - Par Michel Fayad et Guillaume Lagane
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Le mot de Méchant Réac® ! Par Laurent Sailly
Pour Michel Fayad et Guillaume Lagane, l’opération Epic Fury marque moins une fin de
guerre qu’une pause conditionnelle : Donald Trump attend que l’Iran
accepte un accord, faute de quoi les combats pourraient reprendre. Dans ce
contexte, un nouveau Moyen-Orient émerge, redéfini par les stratégies
divergentes des puissances régionales.
L’Arabie saoudite mène une transformation profonde
: diversification énergétique, réduction de la dépendance à Ormuz et recherche
d’autonomie stratégique. Son compromis avec les Houthis relève d’un
pragmatisme visant à neutraliser les menaces immédiates plutôt qu’à conclure
une paix durable. À l’inverse, les Émirats arabes unis misent sur une
alliance sécuritaire renforcée avec Israël, un choix efficace
militairement mais coûteux politiquement, qui les isole dans le monde arabe et
les expose davantage à l’Iran.
La Syrie post-Assad cherche à s’extraire de la
tutelle iranienne et se rapproche des puissances sunnites, signe supplémentaire
du recul de l’influence de Téhéran. La Chine, dépendante du pétrole du
Golfe mais alliée stratégique de l’Iran, reste un acteur ambigu, piégée entre
ses intérêts énergétiques et géopolitiques.
L’avenir régional oscille entre diplomatie saoudienne et militarisation émiratie, avec un risque constant d’escalade par erreur de calcul. Dans ce jeu mouvant, Riyad apparaît comme l’acteur qui redessine silencieusement l’équilibre du Golfe.
