17 juin 1815 : Waterloo J-1


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Le mot de Laurent Sailly pour le blog Grandes Chroniques de France

Les décisions stratégiques de Wellington

Wellington dort à Genappe puis retourne aux Quatre-Bras avant l’aube. Il pense devoir combattre Ney, puis marcher vers Ligny pour soutenir les Prussiens. Apprenant la défaite de Blücher à Ligny, il décide de se replier sur Mont-Saint-Jean, conformément au plan prévu en cas de revers prussien. Les Alliés contrôlent encore les quatre routes menant à Bruxelles, ce qui oblige Napoléon à accepter la bataille à Mont-Saint-Jean s’il veut avancer.

Les intentions françaises et les erreurs d’appréciation

Ni Ney ni Napoléon n’imaginent que Wellington se repliera stratégiquement. Napoléon espérait attirer Wellington dans un piège aux Quatre-Bras, où l’armée française aurait pu l’écraser. L’avant-garde française talonne l’arrière-garde alliée sous une pluie battante et atteint la Belle-Alliance vers 18h. L’obscurité et la météo empêchent toute reconnaissance efficace du terrain, ce qui aura des conséquences graves le lendemain.

Les conditions météorologiques catastrophiques

Une pluie torrentielle transforme le terrain en bourbier, ralentissant hommes et chevaux. Une brume épaisse et une couverture nuageuse avancent la nuit, rendant impossible toute observation précise. Les soldats français passent une nuit misérable : trempés, affamés, sans feu, dormant dans la boue. Les Alliés ne sont guère mieux lotis : peu de ravitaillement, abris précaires, moral bas.

Napoléon au Caillou : fatigue, illusions et manque d’information

µNapoléon se retire à la ferme du Caillou, confiant dans son plan d’attaquer le centre anglais le lendemain. Ses Mémoires prétendent qu’il a inspecté le terrain de nuit, mais aucun témoignage ne le confirme ; il est en réalité épuisé et reste au lit, dérangé par les rapports successifs. Il reçoit une lettre de Grouchy signalant un mouvement prussien vers Wavre, mais n’en tire pas les conséquences stratégiques nécessaires.

Coordination alliée et isolement français

Contrairement aux Français, la liaison entre Wellington et Blücher fonctionne parfaitement. Blücher promet de venir avec toute son armée, et même d’attaquer conjointement le 19 si Napoléon n’attaque pas le 18. Les troupes françaises, dispersées entre Genappe et la Belle-Alliance, subissent toujours la pluie et le froid.

 L’aube du 18 juin : préparation difficile

Les soldats tentent de sécher armes et capotes, mais l’humidité a rendu les amorces inutilisables. Le moral français est bas, aggravé par l’idée que les Alliés seraient mieux lotis — ce qui est faux.

Tout converge vers une bataille inévitable le lendemain : Waterloo.