15 juin 1815, Waterloo J-3
Le mot de Laurent Sailly pour le blog Grandes Chroniques de
France
Napoléon galvanise ses troupes à Avesnes en rappelant les
grandes victoires passées et en dénonçant l’agression des puissances coalisées.
L’armée impériale est animée d’une forte volonté de vaincre et
consciente que le sort de la France se joue dans les heures à venir.
Le déclenchement de l’offensive française
Le 15 juin à 3h30, les
premières unités franchissent la frontière. L’armée avance en trois colonnes
(Reille/d’Erlon à gauche, Vandamme–Lobau–Garde au centre, Gérard à droite) mais
accumule les retards . Vandamme part avec cinq heures de retard à
cause d’un ordre non transmis, ralentissant toute la colonne centrale. Le
général Bourmont déserte et passe à l’ennemi, événement symboliquement
grave .
Le franchissement difficile de la Sambre
Napoléon avait ordonné de
franchir la rivière à midi. À gauche, le pont de Marchienne est pris avant
midi, mais d’Erlon ne le traverse qu’à 16h30. Au centre, la prise du pont de
Charleroi est retardée par l’absence de l’infanterie de Vandamme ; ce sont les
marins et sapeurs de la Garde qui s’en chargent. À droite, le 4e corps n’arrive
à Châtelet que tard dans l’après‑midi.
Premiers combats et installation du QG
Quelques troupes prussiennes
tentent de ralentir l’avance française mais se replient rapidement vers
Sombreffe. Le général Letort est mortellement blessé lors d’une charge. À 20h,
Napoléon installe son quartier général à Charleroi. Il confie l’aile droite à
Grouchy, mais les ordres sont mal transmis — Soult étant un chef d’état‑major
peu efficace durant la campagne.
Situation stratégique en fin de journée
L’armée française est encore éparpillée,
beaucoup d’unités restant au sud de la Sambre. Blücher fait avancer ses corps
vers la plaine de Ligny pour affronter Napoléon le lendemain .
Ney rejoint tardivement
l’armée et reçoit le commandement des 1er et 2e corps ainsi que de la cavalerie
de la Garde . Sa mission : prendre les Quatre‑Bras. Le major-général
néerlandais Constant‑Rebecque comprend très tôt l’importance stratégique du
carrefour et y positionne des troupes pour le tenir. Une reconnaissance
française surestime les forces adverses et renonce à attaquer avant la nuit.
Les erreurs et initiatives du côté allié
Wellington, occupé au bal de
la duchesse de Richmond, tarde à réagir aux nouvelles des combats. Ses after
orders ordonnent aux troupes néerlandaises de quitter les Quatre‑Bras, ce
qui aurait offert le carrefour aux Français.
Constant‑Rebecque désobéit intelligemment en interprétant les ordres pour maintenir la position, ordonnant de tenir les Quatre‑Bras « à n’importe quel prix». Cette initiative permet aux Alliés de conserver le carrefour le 16 juin, empêchant Ney de prendre les Prussiens à revers.
