Nicolas Baverez : "Emmanuel Macron ne laissera en héritage qu’un vaste champ de ruines"
Le mot de Méchant Réac® ! par Laurent Sailly
Anne Rosencher reçoit dans [ses] grands entretiens (L’Express)
Nicolas Baverez. L’essayiste dresse un diagnostic extrêmement sombre de l’état
de la France après deux quinquennats Macron. Il identifie d’abord un krach
démographique inédit depuis 1945, marqué par une fécondité en chute libre
et révélateur d’une perte de confiance collective. Il souligne ensuite
l’effondrement simultané de deux piliers historiques : l’école, minée
par la baisse du niveau, l’abandon de l’exigence et la montée d’un système à
deux vitesses ; et la santé, devenue selon lui une « médecine soviétique
» où la gratuité généralisée produit pénurie et baisse de qualité.
La désindustrialisation constitue un autre désastre
majeur : la France ne produit plus que 36 % des biens qu’elle consomme, ce qui
affaiblit innovation, salaires et souveraineté. L’État, hypertrophié mais
inefficace, entretient une économie de flux financée par une dette devenue
explosive, au point de menacer d’un choc financier comparable à celui de
l’Italie en 2011.
Baverez estime qu’Emmanuel Macron a accéléré le déclin, affaiblissant institutions, finances publiques, diplomatie et cohésion nationale. Pourtant, il voit une possibilité de sursaut : la France dispose encore d’atouts, et les Français peuvent reconstruire un projet républicain évitant à la fois populisme et mise sous tutelle extérieure.
