Fin du SCAF : le crash du projet franco-allemand d’avion de combat du futur - D'après Jean-Dominique Merchet (L'Express) et Clément Machecourt (Le Point)
Le mot de Méchant Réac® ! par Laurent Sailly
L’abandon du SCAF illustre à la fois l’échec d’une grande ambition européenne de défense et la dégradation de la coopération franco-allemande dans l’armement.
Le projet de système de combat aérien du futur (SCAF), lancé en 2017 pour développer un avion de combat européen de 6e génération réunissant la France, l’Allemagne et l’Espagne, est désormais abandonné. Malgré les déclarations rassurantes de la France, Berlin a confirmé son retrait, mettant fin au programme.
L’échec s’explique principalement par des désaccords
industriels et stratégiques profonds :
- Dassault
voulait conserver le leadership sur l’avion,
- Airbus
Allemagne exigeait une cogestion,
- les besoins
militaires des deux pays divergeaient fortement :
- la
France souhaitait un appareil plus léger et « navalisable »
pour succéder au Rafale,
- l’Allemagne
visait un avion plus lourd, compatible avec la mission nucléaire
OTAN (bombe B61).
En parallèle, l’Allemagne se rapprochait déjà du GCAP
(Royaume-Uni, Italie, Japon), ce qui a affaibli davantage le SCAF.
Conséquences
- La France
se retrouve seule pour préparer le successeur du Rafale.
- Elle
conserve toutefois une base industrielle solide (Dassault, Safran,
Thales).
- Le
principal défi devient financier, car un tel programme pourrait
coûter plus de 100 milliards d’euros.
- Paris
devra choisir entre :
- financer
seule un nouveau programme,
- développer
d’abord un démonstrateur,
- ou trouver de nouveaux partenaires (comme l’Inde ou les Émirats arabes unis).
Clément Machecourt
Avion de combat SCAF : pourquoi le projet franco-allemand est finalement mort ?*
Jean-Dominique Merchet
Berlin enterre le Scaf : et maintenant, quel avion pour succéder au Rafale ?
