Transfusion de guerre : une géostratégie du sang - Par le Dr Elisabeth Durieux-Roussel

Le mot de Méchant Réac® ! par Laurent Sailly

La transfusion sanguine en guerre s’est construite dans l’urgence des champs de bataille, depuis les premières expériences de 1914 jusqu’aux doctrines modernes. Le citrate a permis de stocker le sang, transformant la transfusion en ressource stratégique. L’Afghanistan a consacré le retour du sang total et du Walking Blood Bank, où des soldats donnent leur sang directement à un blessé. En Ukraine, la guerre de haute intensité a révélé l’importance vitale de cette capacité, poussant même à adapter la loi pour autoriser certaines transfusions par des non-soignants. Israël, lui, a bâti un système pensé pour résister durablement à la guerre. La France dispose d’atouts majeurs, notamment avec le plasma lyophilisé produit par le Centre de transfusion sanguine des armées mais reste confrontée à des fragilités logistiques, budgétaires et industrielles. Derrière chaque transfusion militaire se trouve enfin un donneur civil : le don régulier de sang demeure le premier maillon de la résilience nationale.

Elisabeth Durieux-Roussel
Transfusion de guerre : une géostratégie du sang