Trump se contente d'un accord avec l'Iran qui ne tient pas ses promesses - Par Barak Ravid (Axios.com)

Photo illustration: Sarah Grillo/Axios; Photos: Win McNamee and Majid Saeedi/Getty Images

Le mots de Méchant Réac ! par Laurenr Sailly

Le président Trump a défendu son accord avec l’Iran lors d’une conférence de presse d’une heure hier, tout en semblant abaisser son propre seuil de réussite et en avertissant qu’il pourrait bombarder de nouveau l’Iran si les discussions nucléaires échouaient, écrit Barak Ravid d’Axios. Ce protocole a été signé hier à Versailles, à la surprise générale.

Trump avait fixé des objectifs extrêmement ambitieux : démantèlement complet du programme nucléaire ; aucun enrichissement, aucun missile balistique, aucun financement de proxies.

Le MOU, signé à Versailles et dévoilé hier, est beaucoup plus modeste : réouverture du détroit d’Ormuz et levée du blocus ; allégement des sanctions permettant à l’Iran de vendre du pétrole pendant les négociations ; possibilité pour l’Iran d’obtenir la levée totale des sanctions et accès à des milliards de fonds gelés. 

Trump reconnaît qu’un accord final pourrait ne jamais aboutir. Il ne s'agit que d'un memorendum conclu pour 60 jours, tout en admettant que le délai pourrait évoluer. Mais  il exprime une certaine compréhension pour la volonté iranienne de posséder des missiles et de l’énergie nucléaire civile.

Les Hawks républicains et démocrates critiquent un accord jugé trop conciliant. Lindsey Graham finit par soutenir l’accord après un appel du négociateur Steve Witkof. Bill Cassidy dénonce « le pire fiasco diplomatique depuis des décennies ». Trump traite les faucons de « stupid » et estime qu’ils mèneraient le pays « dans le mur ».

Les arguments de Trump : il ne voulait pas provoquer une catastrophe économique en laissant le détroit fermé, évoquant Herbert Hoover; il estime que les objectifs militaires ont été atteints ; il affirme que le MOU ouvre une voie pour limiter durablement le nucléaire iranien ; il dit que la plupart des alliés veulent la fin de la guerre, sauf peut‑être Israël.

Points sensibles et critiques majeures. Le détroit n’est garanti ouvert que 60 jours, laissant la possibilité de péages ensuite. Le MOU évoque un fonds de reconstruction de 300 milliards pour l’Iran, que Trump nie vouloir financer. Le texte ne dit rien sur les missiles balistiques ni sur le soutien iranien aux milices régionales, pourtant des exigences historiques de Trump. Trump déclare même : « Missiles aren’t the problem ».

Une réunion cruciale en Suisse entre la délégation américaine (dirigée par le vice‑président Vance) et l’Iran (Ghalibaf) doit lancer les négociations nucléaires. Un « gentleman’s agreement » existerait déjà sur les concessions nucléaires iraniennes. Certains responsables, dont le directeur de la CIA Ratcliffe, restent très sceptiques sur la sincérité iranienne. Les États‑Unis se disent prêts à rompre rapidement si l’Iran « bullshitte » les négociateurs.

President Trump signs the Iran memorandum of understanding at Versailles. 
Screenshot: White House via X

Barak Ravid
*Trump settles for Iran deal that falls short of his promises