Emmanuel Razavi : «La République islamique d'Iran, même affaiblie, représente un danger pour nos démocraties»

Après la mort du chef politique du Hamas à Téhéran, le grand reporter frano-iranien, Emmanuel Razavi, qui a publié un livre sur La Face cachée des Mollahs (Cerf, 2024), analyse l’attitude du régime iranien vis-à-vis d’Israël et de l’Occident.


FIGAROVOX. – Le fait que le chef politique du Hamas, Ismaël Haniyeh, ait été tué à Téhéran est-il un symbole ?

Emmanuel RAZAVI. –
Pour comprendre la portée symbolique de l'action israélienne contre Haniyeh, il faut avoir à l'esprit que la République islamique d'Iran est l'un des parrains du Hamas. La force al-Qods, unité d'élite en charge des opérations extérieures du Corps des Gardiens de la révolution islamique, qui est le bras armé du régime iranien, a formé des centaines de jihadistes palestiniens du Hamas et du Jihad islamique bien avant le 7 octobre. Elle leur a aussi fourni de l'armement. En clair, Israël fait coup double en abattant un chef terroriste sur le territoire de son parrain. Cela montre que les services secrets israéliens sont parfaitement renseignés sur ce qui se passe au cœur de la République islamique, et qu'ils sont en capacité d'opérer une frappe ciblée au sein d'infrastructures du régime. L'endroit où a été tué Ismaël Haniyeh en Iran appartient en effet au Gardiens de la révolution, ce qui permet de penser que le Mossad a obtenu des informations de la part de sources iraniennes.

Emmanuel Razavi : «La République islamique d'Iran, même affaiblie, représente un danger pour nos démocraties» (lefigaro.fr)