10 juillet 1547 : Le "coup de Jarnac"
Le mot de Laurent Sailly pour le blog Grandes Chroniques de
France
Le 10 juillet
1547, deux nobles se préparent à un duel sans concession devant la Cour et le
roi de France Henri II. De l'issue tragique de ce fait divers va nous rester
une expression fameuse, le « coup de Jarnac ».
Le duel oppose Guy Chabot, baron de
Jarnac, 32 ans et François de Vivonne, sieur de La Châtaigneraie,
27 ans. Derrière
eux s’affrontent deux factions rivales de la cour. Jarnac est lié à
l’amiral Chabot de Brion et à la duchesse d’Étampes, favorite de
François Ier. La Châtaigneraie est proche du dauphin Henri et de Diane
de Poitiers, ennemie de la duchesse d’Étampes.
Une rumeur d’adultère visant Jarnac, propagée
par le parti du dauphin, déclenche la demande de duel pour laver son honneur. François
Ier refuse d’abord la demande de Jarnac. À la mort du roi, son fils Henri II
accède au trône et accepte le duel, espérant la victoire de La Châtaigneraie,
réputé excellent escrimeur. Jarnac s’est entraîné avec un spadassin italien, le
capitaine Caize, qui lui enseigne une botte de revers inconnue en
France, visant le jarret.
Le 10 juillet 1547, devant la cour réunie à Saint‑Germain-en-Laye,
après quelques passes, La Châtaigneraie avance trop sa jambe. Jarnac porte le coup
décisif, qui fait s’effondrer son adversaire. Henri II ordonne aussitôt la
fin du combat pour éviter la mort de son champion. La Châtaigneraie meurt le lendemain,
peut‑être après avoir arraché ses pansements par dépit.
À l’origine, le « coup de Jarnac » désigne une
habileté technique remarquable. À partir du XVIIIᵉ siècle, il prend la connotation de déloyauté qui lui
est associée aujourd’hui.
