«À Ankara, l’Europe souhaite davantage de prévisibilité, ce que les États-Unis ne sont pas prêts à lui donner» - Par Sophia Besch et Tara Varma

Le président américain Donald Trump est accueilli par le président turc Recep Tayyip Erdogan et le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte alors qu’il arrive au sommet de l’Otan à Ankara, en Turquie, ce 8 juillet. Alastair Grant / REUTERS

Le mot de Méchant Réac® ! par Laurent Sailly

Sophia Besch, chercheuse senior pour l’Europe, Carnegie Endowment for International Peace et Tara Varma, directrice de la prospective stratégique, German Marshall Fund, analysent la transformation du lien transatlantique à l’occasion du sommet de l’Otan à Ankara. Les Européens, conscients du recul de l’engagement américain, cherchent désormais davantage de prévisibilité dans la politique de Washington, mais l’administration Trump, marquée par la volatilité et la personnalisation du pouvoir, ne peut la garantir. Face aux pressions américaines, l’Europe a commencé à s’affirmer, notamment en utilisant son instrument anti‑coercition lors de l’épisode du Groenland, démontrant qu’elle peut rendre coûteuse la coercition américaine. Parallèlement, elle accélère son réarmement et cherche à réduire ses dépendances, même si celles-ci demeurent fortes dans les domaines technologique, énergétique et financier, dominés par les acteurs américains. L’Europe vise désormais une relation plus équilibrée, fondée sur des intérêts convergents plutôt que sur la déférence d’après‑guerre, mais la transition sera longue et incertaine.

Sophia Besch et Tara Varma
«À Ankara, l’Europe souhaite davantage de prévisibilité, ce que les États-Unis ne sont pas prêts à lui donner»

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