La Chine a-t-elle trouvé son énergie verte pour faire face au boom de l’IA ? - Par Jean-Pierre Favennec et Samuel Furfari


Le mot de Méchant Réac® - Par Laurent Sailly

La Chine fait face à un paradoxe énergétique : elle produit désormais plus d’électricité solaire et éolienne qu’elle ne peut en absorber, en raison de limites structurelles du réseau, de l’intermittence des renouvelables et de l’éloignement entre les zones de production du Nord et les grands centres urbains comme Pékin ou Shanghai.

Selon Jean‑Pierre Favennec, spécialiste de l’énergie et professeur à l’École du Pétrole et des Moteurs, la Chine représente déjà 30 % de la production électrique mondiale et consomme près de 10 000 TWh par an, mais son réseau peine à intégrer l’essor fulgurant du solaire et de l’éolien. Il rappelle que l’intermittence entraîne des surplus impossibles à utiliser, provoquant jusqu’à 9 à 10 % de pertes de production renouvelable.

Samuel Furfari, professeur de géopolitique de l’énergie, docteur en sciences appliquées et ancien haut fonctionnaire à la Direction générale de l’énergie de la Commission européenne, souligne que l’intégration massive d’éoliennes sans réseau adapté crée des excédents structurels, comparables à ceux observés en Allemagne. Il insiste sur l’impossibilité d’alimenter des centres de données d’IA avec des énergies intermittentes, qui ne garantissent pas la continuité nécessaire de 99,99 %.

Les deux experts convergent : la Chine doit investir massivement dans ses réseaux pour transformer son avantage de production en véritable puissance stratégique.

Jean-Pierre Favennec et Samuel Furfari
La Chine a-t-elle trouvé son énergie verte pour faire face au boom de l’IA ?