"Assemblée nationale - tout changer pour que rien ne change" : Yaël Braun-Pivet réélue au perchoir - Par Laurent Sailly
Après les élections législatives anticipées des 30 juin et 7 juillet 2024, place à la répartition des postes stratégiques dans l’Hémicycle dont le premier d'entre eux : la présidence...
Jeudi 18 juillet, la XVIIe législature de l'Assemblée nationale siègeait pour la première fois dans l'Hémicycle. La date était connue depuis longtemps : l'article 12 de la Constitution dispose qu'après une dissolution, l'Assemblée nouvellement élue «se réunit le deuxième jeudi qui suit son élection». Cette session est convoquée de «plein droit» suite à la dissolution prononcée le 9 juin dernier. Rien à voir avec les sessions extraordinaires qui peuvent être décrétées pendant la période estivale à la demande des députés ou du premier ministre. Des scrutins et des discussions importantes ont eu lieu afin de répartir les postes stratégiques à la Chambre basse.
En application de l'article 9 du Règlement de l'Assemblée nationale, au cours de la première séance de la législature, le doyen d'âge invite l'Assemblée nationale à procéder à l'élection de son Président, jeudi 18 juillet, au scrutin secret à la tribune.
Si la majorité absolue des suffrages exprimés n'est pas acquise aux deux premiers tours, au troisième tour la majorité relative suffit. En cas d'égalité des suffrages, le plus âgé est élu.
Quatrième personnage de l’État, le Président de l’Assemblée nationale joue un rôle essentiel dans la vie politique française. Élu pour la durée de la législature, il dispose de nombreuses prérogatives dont certaines sont inscrites dans la Constitution. Il est ainsi consulté par le Président de la République dans plusieurs cas (dissolution de l’Assemblée, mise en œuvre des pouvoirs spéciaux de l’article 16) et détient un droit de saisine du Conseil constitutionnel, dont il nomme trois des membres. Il a surtout un rôle primordial en matière d’organisation du travail parlementaire et de direction des débats en séance publique.
Aucun candidat n'ayant obtenu la majorité absolue des suffrages exprimés au 2e tour, un 3ème tour est organisé pour élire le Président de l'Assemblée nationale.
Résultats du 3e tour :
Résultats du 3e tour :
- Yaël Braun-Pivet : 220 voix
- André Chassaigne : 207 voix
- Sébastien Chenu : 141 voix
- Autres : 1 voix
"Les dernières semaines ont été particulièrement tendues", commence la présidente, qui parle d'un pays "inquiet et fracturé", qui laisse les élus face à "une immense responsabilité". Selon elle, le message des Français est le suivant : "Occupez-vous de nous. De notre pouvoir d'achat, des déserts médicaux, de nos écoles, de nos services publics, de nous recréer des emplois, de nos enfants, de notre planète, de l'environnement, de notre sécurité, de notre défense". Elle rappelle que les Français "ont été massivement aux urnes", "70 % ont voté" aux législatives. "Ils n'ont pas voté pour vous, les Français", crie aussitôt la députée LFI Sophia Chikirou, sous quelques huées. Le ton est donné et résume bien la situation à l'Assemblée, avec trois blocs loin de la majorité absolue.
Face à ses collègues, elle plaide pour "de nouvelles solutions" et des "nouvelles méthodes", dans une Assemblée "plus divisée que jamais". "Nous n'avons pas le choix. Nous devons nous entendre, nous devons coopérer, être capables de rechercher des compromis, de dialoguer, de nous écouter et d'avancer."
Elue avec 13 voix d'avance sur le candidat NFP, Yaël Braun-Pivet a bénéficié du soite des ministres démissionnaires. Mais avaient-ils le droit de voter à l'Assemblée ? Ce point fait débat chez les juristes, et le Conseil constitutionnel pourrait être amené à jouer les arbitres.

