Pierre-Marie Sève : "Il faut redonner du muscle à l'État"
Le mot de Méchant Réac® ! par Laurent Sailly
Pierre‑Marie Sève, directeur de l’Institut pour la Justice,
analyse la proposition de loi instaurant une présomption d’usage légitime
des armes pour policiers et gendarmes. Il décrit des forces de l’ordre
prises « entre le marteau et l’enclume », se sentant tantôt abandonnées par
leur hiérarchie, tantôt utilisées selon les circonstances. Plusieurs affaires
judiciaires nourrissent chez elles un sentiment d’injustice, comme Viry‑Châtillon,
où les peines infligées aux agresseurs ont été jugées trop faibles.
Pour Sève, la réforme a surtout une portée symbolique : elle
reconnaît la spécificité de ceux qui portent les armes pour maintenir l’ordre,
sans bouleverser réellement le cadre juridique existant. Il rejette l’idée d’un
risque d’impunité, estimant que l’État s’est au contraire « désarmé » face à la
délinquance et doit « redonner du muscle » pour protéger les citoyens.
Selon lui, la demande de fermeté reste majoritaire dans
l’opinion, ce qui explique l’adhésion du centre et de la droite à ces mesures
sécuritaires.
